Romandie

22 septembre 2019 23:07; Act: 22.09.2019 23:07 Print

Les avocats «low-cost» se multiplient sur internet

par Julie Müller - Les questions juridiques peuvent parfois être un véritable casse-tête mais de plus en plus de sites proposent une solution de conseils à prix abordables.

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Les clients ont désormais plus de choix pour répondre à leurs interrogations juridiques. (Photo: Pixabay)

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Aujourd'hui les frais de consultation, les déplacements, ou tout simplement la peur de l'inconnu, peuvent freiner les clients à se rendre dans un cabinet d'avocats. Pour y remédier, de nombreuses plateformes se sont donné la mission de démocratiser l'accès aux services juridiques en Suisse romande.

Certaines se sont spécialisées dans le divorce à moindres coûts, à l'image de divorce.ch ou easydivorce.ch, faisant économiser jusqu'à 5000 francs aux couples. D'autres ont tenté le conseil via des appels surtaxés, tel Avocatel.ch, qui facture seulement 2 francs la communication. Dernier acteur en date sur le marché romand: Traial, qui s'inspire des pionniers, monavocatenligne.ch ou law-rence.ch, en permettant aux usagers de poser leur question en ligne pour un prix fixe abordable.

Des coûts concurrentiels

Traial a choisi de se différencier en permettant non seulement à des avocats de prodiguer leurs conseils aux citoyens, mais également à des juristes, élargissant ainsi le nombre de partenaires affiliés. Dans un délai de 24 heures, voire 4 heures en mode express, le conseil juridique est obtenu pour un montant de 25 à 120 francs. Des factures similaires à celles de ses concurrents.

Des prix alléchants en comparaison d'une consultation dans un cabinet qui coûte entre 200 et 600 francs de l'heure. Les permanences juridiques d'ordres d'avocats tablent quant à elles sur 40 francs le quart d'heure dans le canton de Vaud ou 30 francs sur Neuchâtel.

Une utilité publique

Autrefois accusées de dumping par des avocats, ces plateformes assurent qu'elles ont une utilité publique. «On ne porte pas préjudice à la profession car les personnes visées ne sont pas prêtes à payer le tarif usuel de la branche. C'est au contraire l’occasion pour eux de segmenter leurs services et de se faire connaître», défend Philippe Gilliéron, créateur de Traial.

Lionel Halpérin, bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève, confirme que les professionnels voient cet essor de services juridiques en ligne d'un bon œil. «Nous les accompagnons volontiers mais à la condition que les avocats ne profitent pas de ces outils pour contourner les règles déontologiques de la profession, comme nous avons pu le remarquer dans certains cas», affirme-t-il.

De son côté, la Fédération suisse des avocats a tenu à émettre des recommandations en avril dernier concernant l'utilisation de ces plateformes par des avocats. Ceci afin de rappeler aux concernés de respecter le secret professionnel, la vérification des conflits d'intérêt ou encore la transparence envers l'utilisateur.