Fribourg

24 janvier 2020 12:09; Act: 24.01.2020 12:09 Print

Mères discriminées: le Canton botte en touche

Deux députés voulaient des moyens de lutte plus étendus contre le licenciement abusif au retour de congé maternité. L’État n'y est pas favorable.

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Des députés voulaient que la loi protège davantage les travailleuses de retour d'un congé maternité contre les discriminations liées à leur statut de jeunes mères.

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En juin dernier, des députés ont souhaité que le Canton de Fribourg dépose une initiative cantonale pour que la loi soit adaptée afin d’améliorer et d’étendre la durée de protection des employées de retour de congé maternité. Cette motion parlementaire a pour objectif est «de protéger les mères contre le licenciement pour cause de maternité ou de grossesse, notamment en inversant le fardeau de la preuve, en faisant passer la durée de protection contre le licenciement de 16 semaines actuellement à 32 semaines, en augmentant le nombre de mois de traitement auxquels une femme a droit en cas de licenciement abusif ou en permettant d’imposer leur réintégration à leur employeur».

Pas beaucoup de cas à Fribourg

«Étant donné le peu de cas concernés par une plainte pour discrimination fondée sur la maternité dans le canton de Fribourg, le dépôt d’une initiative cantonale est disproportionné et le droit en vigueur permet déjà de protéger suffisamment les mères», a réagi le Gouvernement vendredi. Le Conseil d’État a ainsi proposé le rejet de la motion.

82% des jeunes mères satisfaites

Selon une étude commanditée par l’Office fédéral des assurances sociales, 82 % des mères interrogées affirment avoir été bien traitées et soutenues après l’annonce de leur grossesse et 67 % disent qu’une bonne solution a été trouvée pour le travail après le congé maternité.

Mais selon les motionnaires, la Suisse n'en fait pas assez en matière de lutte contre la discrimination au travail des jeunes mères. «La durée de protection contre le licenciement est de 16 semaines, étant précisé que le congé maternité minimum est de 14 semaines. Les mères, ont constaté les députés, bénéficient ainsi finalement d’une protection maximale de 2 semaines à leur retour au travail. Dans les faits, la plupart des femmes cessent leurs activités professionnelles durant une période dépassant le seuil légal. En effet, la moitié des mères reprennent leurs activités au moins 22 semaines après la naissance.» Comparativement, la durée de protection des mères à leur retour au travail est de 10 semaines en France, 4 semaines en Belgique, 8 semaines en
Allemagne et en Autriche. Et dans ces deux derniers pays, la loi prévoit un congé parental avec garantie d’emploi au retour.

(apn)