Viticulture

14 juillet 2019 09:46; Act: 14.07.2019 10:23 Print

Neuchâtel est leader suisse du vin bio

Mécanisation, professionnalisation des viticulteurs et clientèle locale font le succès du canton neuchâtelois dans la production du vin bio.

«Le grand défi du bio est la gestion des mauvaises herbes sous les ceps», explique Johannes Rösti, directeur de la station viticole neuchâteloise.
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Parmi les gros cantons viticoles de Suisse, Neuchâtel est leader dans la vigne bio en pourcentage de surfaces et d'exploitations. Des vignes mécanisables, une part de viticulteurs professionnels élevée et une clientèle locale ont permis cette évolution.

«Contrairement à certaines croyances, le bio ne veut pas dire laisser la nature faire. Dans la vigne, qui est sensible à de nombreuses maladies, travailler en bio nécessite plus d'entretien et davantage de mécanisation car les traitements opérés sont moins efficaces que la chimie», a déclaré Johannes Rösti, directeur de la station viticole neuchâteloise.

«Le grand défi du bio est la gestion des mauvaises herbes sous les ceps. On fait des essais pour trouver des techniques ou des produits efficaces», a expliqué l'expert.

Confusion sexuelle

Au niveau des insecticides, la Suisse n'en utilise déjà presque plus, aussi bien dans les exploitations bio que dans les conventionnelles. Un diffuseur de phéromones entraîne la confusion sexuelle du papillon - qui pond des vers de grappes - et celui-ci ne peut plus s'accoupler. Il en faut toutefois plus de 250 par hectare.

Dans son passage au bio, un des avantages de Neuchâtel, 6e canton viticole de Suisse, est d'avoir une majorité de vignes mécanisables et pas en terrasses ou en gobelets comme dans Le Lavaux et en Valais. «La mécanisation permet de maîtriser les coûts car se transformer en exploitation bio génère un surcoût», a ajouté l'expert.

Le canton de Neuchâtel a aussi une part de viticulteurs professionnels plus élevée que dans d'autres cantons. Cela a permis d'avoir l'assise financière suffisante pour faire les investissements nécessaires. Ainsi sur 54 exploitations, 17 sont en bio, soit un pourcentage de 31%. En termes de surface, près de 25% des 600 hectares de vignes neuchâteloises sont bio.

Vin cher, un avantage

La professionnalisation de la branche a joué un rôle favorable car «le bio nécessite du temps et de la précision et donc un niveau de formation élevé». Autre élément, les vignerons neuchâtelois exportent très peu hors du canton. «Il est plus facile d'expliquer sa démarche à une clientèle locale», a expliqué le directeur de la station viticole.

La cherté des prix des vins neuchâtelois a peut-être aussi joué en faveur du bio. «Un léger surcoût peut être absorbé», a précisé Johannes Rösti. «Quand on vend un chasselas à moins de 10 francs la bouteille, ça peut vous sortir du marché, si vous passez en bio et que votre prix augmente d'un coup de 30%».

Et autre facteur favorable: le quota de production dans le canton est un des plus modestes de Suisse et se situe entre 800 et 900g par m2. «Cela permet plus de flexibilité car on cherche un rendement qualitatif. Et une vigne plus maîtrisée est aussi moins sensible aux maladies», a ajouté l'expert.

L'avenir du bio et même de la vigne en général est peut-être les cépages résistants qui ne nécessitent plus de traitements contre les maladies. «Car même dans le bio, on utilise du cuivre et du soufre pour traiter la vigne», a précisé Johannes Rösti.

Le Divico est un de ces nouveaux cépages résistants qui séduit de plus en plus. «En abandonnant un cépage au profit d'un autre, il faut toutefois recréer un univers marketing. Et changer de cépage est un investissement à long terme car il faut attendre cinq ans avant de pouvoir cueillir à nouveau quand on remplace des ceps de vigne par d'autres».

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Amateur De Vins Suisses le 14.07.2019 11:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Y en a point comme vous, c'est certain!

    Pour les snobs du canton de Vaud et les chauvins du Valais qui ne sortent pas de leur trou, venez déguster les crus exceptionnels de Neuchâtel et des autres cantons qu'apparemment vous ne connaissez pas! Perso, je visite toute la Suisse et j'ai découvert des pépites au Tessin et dans de nombreux cantons Suisse-alémaniques. Pour ne citer qu'un exemple, découvrez un vin d'exception à Bâle, produit seulement à mille bouteilles, Jauslin Hohle Gasse Grand cru de Muttenz que l'on peut déguster au Volkshaus à Bâle. Mais pour cela, il faut être capable de se déplacer et cesser d'être bornés!

  • Lola le 14.07.2019 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bon article

    Incroyable de lire certains. Le vin évolue dans tous les cantons et ce n'est que du bien. Cela donne envie de faire un tour par Neuchâtel. De toute façon le bio, le vrai bio est le futur de notre planète.

  • Christophe le 14.07.2019 11:15 Report dénoncer ce commentaire

    Quelle largesse d'esprit

    Encore un grand oenologue, une personne qui sait de quoi elle parle. De plus, la jalousie a meme poussé le Valais à appeler certains rosés "Oeil de Perdrix".

Les derniers commentaires

  • Liberland le 15.07.2019 16:54 Report dénoncer ce commentaire

    Une portion de perches et 1 non filtré

    Même les vins roumains que l on trouve dans un shop génial de la place des halles au chef lieu est meilleur que le fendant ou autres vins valaisans, le non filtré et le biodynamique made in Ne est fameux , de vrais musts que j ai eu de la peine a trouver ailleurs en Suisse, c est très diversifié dans le canton de Ne comme ailleurs .. c est la jungle !

  • Dzodzet le 15.07.2019 16:33 Report dénoncer ce commentaire

    je comprends mieux maintenant

    pourquoi je choppe un mal de crane avec cte piquette de Neuch qui est imbuvable, juste bonne pour laver les vitres : c'est du bio !

  • Kris le 15.07.2019 12:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est quoi la terre?

    Si on pouvait arrêter de nous manipuler avec le terme « bio ». Ce terme est issu de la biologie qui signifie étymologiquement: l'étude de la nature et des espèces. Le terme biologique est tout ce qui est relatif à la biologie. Cela veut dire que justement il faut laisser faire la nature et apprendre comment elle s'organise et pourquoi. Saviez-vous que la mauvaise herbe est une nécessité pour l'équilibre d'un écosystème? Dans ce cas précis, c'est étonnant de voir l'absence de cette mauvaise herbe... elle a été enlevée comment? À la main?

  • Pays Zamp le 15.07.2019 08:51 Report dénoncer ce commentaire

    Bio Sulfaté

    Vous me faites marrer.BIO AVEC DU SULFITE

    • Vinfin le 15.07.2019 10:20 Report dénoncer ce commentaire

      Sulfite bénéfite

      Le vin contient naturellement des sulfites.

    • vlad le 15.07.2019 10:23 Report dénoncer ce commentaire

      Blablabla

      Il y a des sulfites naturel dans le vin (processus), c'est l'ajout de sulfite qui n'est pas bon. Mais bon quand on sait pas on parle sur internet apparemment. Le pire c'est qu'en deux minutes sur Wiki on peut le savoir...

  • Un Vaudois le 15.07.2019 08:06 Report dénoncer ce commentaire

    Tu comprend ce qui est écrit ?

    C'est dingue quand même, les réactions des gens qui ne savent même pas lire et interpréter un article. Pourquoi vous sentez-vous offusqués à ce point ? Dans l'article, il est question de production de vin bio, il n'est nullement fait mention que ce vin est pire, ni meilleur que le votre (notre). Ce chauvinisme entre cantons est vraiment navrant à la fin.