Neuchâtel

26 juin 2019 18:26; Act: 26.06.2019 18:26 Print

Oui à une motion des jeunes pro climat

Les députés neuchâtelois ont accepté un projet des jeunes manifestants qui demandent l'urgence climatique.

storybild

Image d'archive de la grève du climat du 24 mai 2019. (Photo: Keystone)

Une faute?

Les jeunes qui ont manifesté à Neuchâtel en faveur du climat ont été entendus par les députés neuchâtelois. Ces derniers ont approuvé mercredi une motion populaire, qui a recueilli 1025 signatures, et qui demande l'urgence climatique

Le Conseil d'Etat était opposé à la motion. «L'engagement de la jeunesse est à saluer, vu la prise de conscience du défi climatique» qui est nécessaire, a déclaré le conseiller d'Etat Laurent Favre. Toutefois le mouvement doit être transformé en des mesures crédibles et durables et capables d'être soutenues par la population, a-t-il ajouté.

Les mesures, prévues par la motion, sont «dures» et visent un rationnement de l'énergie, ce qui pourrait avoir des «effets contre-productifs», a expliqué Laurent Favre. Le conseiller d'Etat a rappelé que le canton a déjà fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions CO2 de 60% d'ici à 2035.

Diminuer les déplacements

La motion demande que le Conseil d'État prenne un ensemble de mesures radicales pour atteindre un bilan d'émissions nettes de gaz à effet de serre nul d'ici à 2030. L'instauration de l'état d'urgence climatique et écologique et la mise sur pied de processus démocratiques permettant l'évaluation des mesures adoptées sont aussi exigées.

Le plan cantonal, visant à réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2030, porte notamment sur les transports publics, dont l'accessibilité doit être renforcée en terme de desserte et de prix. Conjointement à cela, les communes doivent inciter à réduire fortement le trafic motorisé individuel dans les localités.

Afin de diminuer les déplacements, des incitations financières à l'implantation de commerces de proximité proposant des produits locaux doivent être envisagées.

Au niveau de l'alimentation toujours, les cantines relevant de l'État doivent être exemplaires et proposer un menu végétarien, bio et local. L'efficacité énergétique des bâtiments doit aussi être améliorée grâce à des rénovations.

Motion pour des investissements durables

Les députés ont également approuvé une deuxième motion populaire, lancée par les jeunes manifestants, par 64 oui, 28 non et 6 abstentions. Le texte demande que le Conseil d'État propose un ensemble de mesures drastiques visant à interdire et décourager les investissements dans les énergies fossiles par toutes les institutions dépendant de l'État et à rediriger ces fonds vers des investissements durables.

La motion veut aussi que le Conseil d'État mette en place des mesures assurant la transparence des investissements, afin de garantir un contrôle démocratique sur ces derniers.

Toujours en lien avec le climat, les députés ont accepté mercredi après-midi une motion de la députée suppléante Christine Ammann Tschopp. Le texte demande que les mesures à prendre par l'État et les communes en faveur du climat échappent au dispositif de maîtrise des finances (frein à l'endettement), qu'il s'agisse de subventions ou d'investissements directs.

(nxp/ats)