Affaire Piller

12 octobre 2019 06:58; Act: 12.10.2019 08:49 Print

Accusations non-fondées selon une preuve cachée

L'Administration de la Migros Neuchâtel-Fribourg affirme avoir la preuve de l'innocence de Damien Piller. Mais elle ne la montre pas.

storybild
Sur ce sujet
Une faute?

«Un rapport indépendant confirme l’innocence de
Damien Piller.» C'est l'intitulé d'un communiqué de presse diffusé vendredi en fin d'après-midi à la presse, par la boîte de communication qui défend les intérêts de l'Administration de la Migros Neuchâtel-Fribourg (MNF) présidée par le magnat de l'immobilier et avocat fribourgeois. On peut y lire notamment que: «l’audit démontre clairement le non-fondé des accusations portées contre Damien Piller par la Fédération des coopératives Migros à Zurich (FCM)... Il n’y a pas eu d’enrichissement illégitime dans le cadre des projets de Belfaux et de La Roche.»

Toutefois, il est admis que tout n'a pas été fait dans les règles de l'art. Et que des zones d'ombre subsistent. «L’expertise constate des manquement importants au niveau du travail de la Direction et un contrôle insuffisant de ce travail par l’Administration à l’époque des faits. L’Administration a donc demandé des compléments d’information à son président», selon le communiqué.

Pour finir, le communiqué accuse la FCM de vouloir faire de cette histoire une affaire personnelle. Le but de la manœuvre serait de «se débarrasser le plus rapidement possible de Damien Piller, un président régional dont l’influence indispose la FCM.»

Au final, la justice tranchera

Cette dernière n'a pas tardé à répondre: «Ce rapport indique clairement qu’il n'y a pas de contrepartie identifiée et prouvée pour les paiements de plus de 1,7 million de francs aux entreprises de M. Piller. Les soupçons, sérieux et fondés quant à une éventuelle gestion déloyale demeurent. Cette affaire fait toujours l'objet d'une enquête du Ministère public fribourgeois.»

Ainsi, il semblerait qu'il n'y ait pas eu d'enrichissement personnel illégitime. Mais que les soupçons de gestion déloyale demeurent. Dès lors, pour en avoir le coeur net, «20 minutes» a demandé ce fameux rapport. Mais l'administration de la MNF n'a pas voulu le lui fournir, sous prétexte qu'il contient des informations confidentielles. Nous avons alors demandé une version caviardée, mais avons essuyé un nouveau refus.

(xfz)