Fribourg

09 juillet 2014 16:28; Act: 09.07.2014 17:03 Print

Pas de «formation des imams» à l'Uni

Le gouvernement fribourgeois a fourni des précisions sur le futur Centre suisse islam et société, qui devrait voir le jour à l'Université de Fribourg dès cet automne.

Une faute?

Le gouvernement fribourgeois a répondu mercredi à une dizaine de députés du Grand Conseil qui lui demandaient d'intervenir pour empêcher son ouverture.

Le projet ne vise pas une «formation des imams» dans le sens de la formation coranique indispensable à l'exercice de cette fonction, rassure le Conseil d'Etat. Le centre transmettra plutôt des connaissances pour que les imams puissent mieux s'intégrer dans leur environnement suisse.

Il est question de connaissances du christianisme, du droit et de l'histoire suisse ou encore de compétences pédagogiques. A l'inverse, le centre proposera des connaissances sur l'Islam à des personnes en Suisse qui sont en contact avec des musulmans, comme les services sociaux, aumôneries d'hôpitaux, enseignants, assistants sociaux, policiers ou diplomates.

Concernant les coûts, le gouvernement explique que l'investissement a le caractère de «matching fonds»: il ne s'agit pas uniquement d'une dépense, car elle permettra d'obtenir des recettes supplémentaires sous forme d'une contribution fédérale.

Un demi-million de francs par an

L'Université de Fribourg devrait mettre à disposition 250'000 francs par an entre 2017 et 2020. Une contribution fédérale équivalente s'y ajouterait.

Le Conseil d'Etat écarte également les craintes selon lesquelles le centre conduirait à la mise en place d'une formation coranique complète, proposant l'étude de l'Islam en tant que religion. L'Université de Fribourg répond à un besoin formulé par la minorité musulmane de Suisse (4,9% de la population) ainsi que par les instances préoccupées par les questions d'intégration des immigrants en Suisse.

Le centre est conçu comme un centre de dialogue et d'échange: les enseignants musulmans seront accompagnés d'un théologien catholique qui assumera la direction du centre et qui sera professeur de la faculté de théologie. L'activité de recherche s'opérera sur la base d'une réflexion critique.

Caractère catholique pas en jeu

En accueillant le centre suisse Islam et société, la faculté de théologie de Fribourg ne perd ni son caractère catholique ni sa renommée internationale, comme le craignent les députés auxquels répond le gouvernement. Au contraire, la faculté salue la création du centre, assure le gouvernement.

En tant que plus grande faculté de théologie de Suisse, elle repose sur une orientation internationale et interdisciplinaire, avec l'expérience du dialogue interchrétien et interreligieux. Il existe aussi en son sein une longue tradition dans le domaine du dialogue entre chrétiens et musulmans.

Ces initiatives et orientations n'ont pas du tout affaibli le profil de la faculté et n'ont pas remis en question sa reconnaissance par l'Eglise.

Le Centre Islam et société contribuera à l'intégration des communautés musulmanes dans la société suisse et aidera à éviter un isolement social tel qu'on l'observe dans certains pays, conclut le Conseil d'Etat. Pour cette raison, il recommande au Parlement de rejeter le mandat déposé par la dizaine de députés.

(ats)