Canton de Neuchâtel

20 mars 2019 21:26; Act: 21.03.2019 12:34 Print

Prison à vie requise contre «un monstre de froideur»

par Frédéric Nejad Toulami - Le procès d’un quinquagénaire qui a admis avoir tué, en 2017, son ex et le nouvel ami de celle-ci s’est tenu mercredi à Boudry.

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Le double homicide s'est produit aux Verrières en août 2017.

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L’alcool a rongé ce couple, qui avait deux enfants, avant de le plonger dans le drame, un soir d’août 2017 aux Verrières. Cette nuit-là, David*, qui était séparé depuis des années de Mireille*, se rend chez elle, armé. Il savait qu’elle fréquentait un autre homme et il les avait menacés un jour auparavant. Après s’être introduit dans la demeure, il se dirige vers l’homme et l’abat d’une balle en pleine tête, puis tire sur Mireille. Alors que la femme agonise, il retourne là où elle gît, une dizaine de minutes plus tard, pour l’achever d’une seconde balle.

L’expertise psychiatrique le décrit doté d’un esprit structuré. «Il ne ressent ni empathie ni remords», précise le procureur Marc Rémy. D’ailleurs, quand il écrit enfin aux parents des victimes, il ne présente pas ses excuses mais leur souhaite d’avoir la force de lui pardonner. Pour le Ministère public tout comme pour les avocats des parties civiles, David a agi par vengeance, haine et jalousie, «tel un monstre de froideur». Sans même se soucier qu’un des enfants était témoin de la scène.

Quant à l’enregistrement de son appel à la police, on entend le prévenu dire: «Ils sont froids de chez froids. Mais je maîtrise la situation.» Autre élément du dossier dévoilé durant l'audience par l'avocat d'une des parties, durant l'expertise psy lors de l’enquête, David a déclaré qu’il ne ressentait rien à l’égard des enfants de l’homme abattu: «Ce n’est pas mes affaires.»

Assassinat ou crime passionnel?

Pour le procureur, nul doute: il s’agit d’un double assassinat, prémédité et perpétré sans scrupules. Contre «cette exécution», il requiert une peine de prison à vie, soit environ 20 ans.

La défense plaide, elle, le crime passionnel. L'avocate de l'accusé décrit son client comme un «amant éconduit et un père» qui a eu peur de perdre ses deux enfants, c'est pourquoi il aurait agi ainsi. Elle conteste notamment la préméditation, différencie les deux homicides, et insiste sur le rôle néfaste de l'alcool dans ce drame.

Le verdict de la Cour criminelle du Littoral et du Val de Travers sera rendu ce vendredi 22 mars.