Bienne

01 mai 2012 14:16; Act: 01.05.2012 14:33 Print

Rejet de la plainte de McDo contre le «Blick»

Le Conseil suisse de la presse a rejeté une plainte de Mc Donald's contre le «Blick», accusé d'avoir violé la sphère privée d'une victime de la fusillade de Bienne à fin 2011.

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A fin 2011, le «Blick» avait relaté la fusillade du Mc Donald's de Bienne sous l'angle du chef d'équipe responsable, atteint de trois balles. Une journaliste du quotidien de boulevard s'était rendue au chevet du blessé le lendemain de l'agression, «l'incitant à s'exprimer et à laisser photographier sa blessure», a rappelé le Conseil.

Mc Donald's Suisse avait alors déposé plainte en alléguant que «la journaliste n'avait pas d'emblée décliné sa profession et qu'elle avait tant insisté auprès d'une victime encore sous le choc que cette dernière avait permis que sa blessure soit photographiée». Ce qui aurait constitué une violation de la sphère privée et de la dignité humaine du collaborateur concerné.

Le quotidien de boulevard alémanique avait répliqué que sa journaliste était venue accompagnée d'un photographe et qu'elle s'était correctement présentée. La conversation avait été interrompue par une visite médicale et, plus tard, l'épouse du blessé était venue se joindre à eux sans que des objections aient été formulées d'aucun côté.

«Accord tacite»

Le Conseil a constaté qu'il n'était pas établi que le blessé se trouvait encore en état de choc. «En considérant l'ensemble des circonstances, on peut admettre que le blessé a librement répondu aux questions de la journaliste», a-t-il conclu. La victime n'a pas fait usage de la sonnette que l'on trouve à chaque lit d'hôpital et n'a pas davantage déclaré aux médecins ou à sa famille qu'il désirait être laissé en paix par la journaliste. «Dans ces conditions il faut conclure à une autorisation à tout le moins tacite».

L'autorité a rappelé qu'il convient d'obtenir l'autorisation des responsables pour enquêter dans des hôpitaux ou des lieux similaires. Cela ne signifie pas qu'il faut avoir le feu vert de la direction ou de l'administration de l'hôpital: les personnes à contacter en priorité sont les médecins traitants et le personnel soignant. «Quant aux patients, il décident librement aussi en milieu hospitalier, s'ils entendent renseigner un journaliste».

(ap)