Neuchâtel

01 juillet 2014 11:13; Act: 01.07.2014 11:13 Print

Salaire minimum pas forcément introduit

Des juristes veulent attaquer la loi qui fixe un revenu minimum adoptée dernièrement dans le canton. Selon eux, elle est illégale. Tollé.

Une faute?

Le jour où le premier salaire minimum fixé par l’État sera versé n'est pas encore arrivé. Pionnier en la matière en ayant voté le principe en 2011, le canton de Neuchâtel voit des personnalités juridiques s'opposer au texte de loi adopté dernièrement par le Grand Conseil. Dans un article publié mardi par «L'Express/L'Impartial», Philippe Bauer, député-avocat qui s'était opposé au salaire minimum à 3640 fr. par mois, explique ses motivations. Selon lui, le texte touche au droit du travail et non à la politique sociale. Du coup, il s'attaque aux compétences de la Confédération et plus à celles du canton. Autre problème, la collision du montant proposé avec les Conventions collectives de travail négociées, qui ont parfois force de droit. Le libéral-radical promet donc qu'il saisira le Tribunal fédéral pour faire invalider le texte.

Du côté des syndicalistes, on s'indigne. «C'est incompréhensible, tonne David Taillard, du syndicat Unia. On parle de 3640 fr. par mois, un salaire qui se situe tout juste au-dessus de l'assistance sociale.» Et le Neuchâtelois de rappeler que c'est le peuple qui a décidé du principe. Pour le conseiller d'Etat Jean-Nat Karnakash, il existe un risque que le texte doive être réadapté sur quelques points. Mais il espère dans les colonnes du quotidien neuchâtelois que l'entrée en vigueur du dispositif ne sera pas retardé. «Il y a une forte attente de la part de 2700 personnes qui bénéficieront du salaire minimum», rappelle-t-il.

(frb)