Fribourg

14 janvier 2019 22:56; Act: 15.01.2019 16:43 Print

Shoah: le pacte de paix des enfants de la guerre

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Des descendants de responsables nazis et de résistants déportés et tués ont échangé hier. En toute amitié et sans rancœur.

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Les derniers témoins directs de la Shoah sont de plus en plus rares. La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) a fait appel à leurs descendants pour transmettre et préserver la Mémoire. Comme il y a un an à Genève, la Cicad a réuni lundi à Fribourg deux enfants de résistants et deux de responsables nazis.

«Ode au grand absent qui ne m'a jamais quitté»

Le diplomate français Jean-Michel Gaussot avait 6 mois quand son père est mort de faim dans un camp de concentration à Neuengamme, près de Hambourg (All) en 1945. Aujourd’hui, l’auteur de «Ode au grand absent qui ne m’a jamais quitté» a fait sien le combat contre l’oubli des victimes du nazisme. Yvonne Cossu (83 ans), dont le père résistant breton fait partie des millions de victimes de la peste brune, a évoqué la souffrance de celle qui fut orpheline trop tôt dans «Aller sans retour pour un camp nazi». Mais, elle ne veut plus confondre Allemands et nazis. Car, elle a fini par découvrir la souffrance, la honte et le sentiment de culpabilité des descendants des persécuteurs.

Pacte familial rompu

C’est le cas de l’Allemand Ulrich Gantz (70 ans) qui a décidé de rompre un pacte familial: garder le silence sur le passé peu glorieux de son père, membre de la police du IIIe Reich. Fille d’un officier SS, Barbara Brix (78 ans) est une militante de la paix. «Il y a une vraie amitié entre nous», ont reconnu les quatre intervenants. Un somptueux pied de nez à l’une des pages les plus sombres et les plus morbides du siècle passé.