Révolutions arabes

16 juin 2011 10:25; Act: 16.06.2011 20:29 Print

Trois chroniqueurs en quête du Printemps

Trois jeunes journalistes, dont deux Vaudois, se lancent vendredi sur les traces du Printemps arabe. Les dangers liés au manque de stabilité de certains pays sont bien présents.

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Antonino, Nicolas et Sami ont lancé leur blog en mars 2011. (Photo: dr)

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Traverser le Maghreb sur la piste de la révolution arabe, tel est le projet audacieux de trois jeunes journalistes. Le trio, formé de deux Vaudois, Nicolas et Antonino, et d’un étudiant d’origine algérienne, Sami, n’a pas froid aux yeux. Une rencontre entre étudiants, le courant qui passe, et l’un d’entre eux qui parle l’arabe; il n’en a pas fallu plus pour qu’un plan naisse dans la tête de ces jeunes reporters. «Nos articles vont avant tout relater le quotidien de la jeunesse arabe», explique Antonino, ancien de l’Université de Lausanne.

Obstacle conséquent à l’horizon, les dangers encourus par trois jeunes journalistes enquêtant dans des régions peu stables. Un petit tour sur le site du Département fédéral des affaires étrangère(DFAE) suffit à prendre la juste mesure des risques. Pour de nombreux pays du Moyen-Orient ou d’Afrique du nord, comme la Tunisie et l’Egypte, le site signale la possibilité de nouveaux attentats et d’enlèvements. «Seule le vpoyageur est responsable de sa décision finale, qu'il s'agisse de touristes ou de journalistes», note Pierre-Alain Eltschinger, porte-parole du DFAE. «Nous avertissons des dangers, mais le DFAE ne peut rien assumer». Les voyageurs sont cependant invités à fournir le plus d’informations sur le déroulement de leur périple auprès des ambassades suisses. Souscrire une assurance pour couvrir d’éventuelles opérations de sauvetage, de rapatriement ou assurer une protection juridique est également utile.

Aucune crainte du côté des trois aventuriers? «Les ambassades suisses des différents pays n’avaient pas un ton aussi alarmant que celui du DFAE, ce qui nous a encouragés», objecte Antonino, «conscient» des risques. Les rédacteurs ont d’ailleurs renoncé à visiter la Libye et la Syrie. Pour garantir leur sécurité, ils se sont dotés de nombreux contacts sur place, notamment de journalistes.

«Dégage», un blog itinérant

Fréquentant les cours d’une école supérieure de journalisme à Lille (FR), ces chroniqueurs entre 24 et 25 ans ont déjà mis l’ouvrage sur le métier, en lançant leur blog en mars 2011. Le tracé du voyage? Algérie, Egypte et Tunisie, et des pays voisins. Etape obligatoire, le lieu où un marchand tunisien désormais célèbre s’est immolé, en décembre 2010. Les routards vont faire une halte à Amman, en Jordanie, avant de finir à Beyrouth, au Liban.

Le nom du blog, Ir7al.info, soit «dégage» en arabe, constitue un clin d’oeil aux slogans relayés lors de la révolution du jasmin en Tunisie. «Notre blog n’a pas pour but d’être militant, et nous donnerons la parole à tout le monde, précise Toni. Nous visons à nous immerger dans le quotidien des gens de notre âge, même au sein de la jeunesse dorée». Pour ce faire, les étudiants comptent dormir chez l’habitant. Outre le voyage, les étudiants ont une motivation supplémentaire, celle de vendre leurs reportages à des agences de leur pays d'origine. «La RSR a déjà acheté 25 reportages», se réjouit Antonino.

«Ben Ali, dégage!»

(jou)