Suisse enlevé au Mexique

12 décembre 2011 12:33; Act: 12.12.2011 14:14 Print

Un an après, toujours pas de nouvelles

La famille du Jurassien bernois kidnappé au Mexique il y a près d'un an, le 19 décembre 2010, est toujours sans nouvelles de lui.

Voir le diaporama en grand »
Olivier Tschumi, un Jurassien bernois de 49 ans, a été kidnappé le 19 décembre 2010 dans une ville près de Mexico. Le 22 mai 2012, près de 17 mois après sa disparition, sa famille annonce l'organisation d'un concert de musique classique de soutien, dans une église à Paris. Le but de cette manifestation est de «créer une «chaîne musicale» pour dire partout qu'Olivier mérite une enquête sérieuse et pour dénoncer la violence catastrophique présente quotidiennement au Mexique» a expliqué sa soeur Frédérique Santal. «Malgré tous nos efforts et une lutte sans merci, personne n'a encore retrouvé sa trace depuis son enlèvement le 19 décembre 2010. L'enquête au Mexique (pour autant qu'il y en ait une) piétine, nous n'avons accès à aucun document et ne recevons aucune information du suivi des investigations», déplore sa soeur.. «Entièrement livrés à nous même, nous, sa famille devons faire face à de grandes difficultés de tous ordres» a précisé Frédérique Santal. «Le matin 19 décembre 2010, il a été kidnappé dans une forêt de Cuernavaca alors qu'il faisait son footing avec ses deux chiens», raconte sa sur, Frédérique Santal. Le 9 juin 2011, le Conseiller national genevois Luc Barthassat avait déposé une série de questions au Conseil fédéral. Il souhaite avoir des explications sur le rôle du DFAE suite à la disparition d'un romand au Mexique. Le 19 mai 2011, 5 mois après sa disparition, les autorités mexicaines ont annoncé l'arrestation du chef de la police de Cuernavaca. Juan Bosco Castañeda (à g.) est accusé de protéger un cartel de la drogue. Il avait déjà été suspecté de liens avec les ravisseurs d'Olivier Tschumi, dans cette ville située à 90 km au sud de Mexico. Le responsable de la police a été arrêté dans son bureau quelques heures après la capture de Victor Manuel Valdez, chef local du cartel du Pacifique sud, a indiqué une source militaire. Le gouvernement mexicain offre une récompense jusqu'à 5 millions de pesos (environ 380'000 francs) pour retrouver Olivier Tschumi. Le lundi 18 avril 2011, la soeur d'Olivier Tschumi, déçue par le manque de soutien du DFAE et de Micheline Calmy-Rey, a lancé un appel, lors d'une conférence de presse, à se mobiliser pour retrouver son frère. Le lendemain de son rapt, une rançon de 10'000 dollars a été versée. Olivier n'avait toutefois pas été libéré. C'est dans cette forêt près de chez lui, à Cuernavaca, qu'Olivier Tschumi a été enlevé alors qu'il se promenait avec ses deux chiens. Sa mère, âgée de 80 ans, a prospecté sur place pendant plusieurs 3 mois pour essayer de le retrouver. En vain. Lundi 18 avril 2011, sa soeur, Frédérique Santal, a lancé un appel afin de «faire bouger les choses». Très émue, elle a expliqué ne pas savoir si son frère était toujours en vie, mais garder espoir... Elle a souhaité que cet enlèvement soit désormais médiatisé afin de faire pression sur le gouvernement mexicain. Elle a aussi émis des doutes sur la police locale mexicaine qui, selon elle, pourrait être impliquée dans cette affaire. Frédérique Santal a aussi expliqué que sa famille était quelque peu déçue par l'attitude des autorités suisses.

Sur ce sujet
Une faute?

La famille du Jurassien bernois enlevé au Mexique le 19 décembre 2010 est toujours sans nouvelles de lui un an plus tard. Même si l'espoir devient très ténu, «le cas n'est pas classé» et «beaucoup de personnes travaillent dessus», a indiqué lundi à l'ats la soeur de l'industriel.

«On voit venir le 19 décembre avec angoisse», reconnaît la soeur du commerçant kidnappé. «A certains moments, on espère presque qu'il est décédé car sinon il doit vivre quelque chose d'horrible, à d'autres moments non, parce que si on accepte ça, on ne lutte plus».

«Quand on apprend que des personnes sont réapparues jusqu'à 2-3 ans après avoir été enlevées, on se dit que c'est peut-être encore possible», dit-elle.

Aucune nouvelle piste n'est apparue ces derniers mois. Trois suspects arrêtés en début d'année, actuellement jugés pour d'autres crimes, n'ont pas encore été interrogés sur le rapt du Suisse. Le Bureau d'investigation spécialisé dans les affaires de délinquance organisée a pourtant confirmé qu'ils étaient bien liés à l'enlèvement.

Pour la soeur du Jurassien bernois, qui qualifie ce délai d'«aberrant», cela montre que les enquêteurs «n'ont plus d'espoir qu'il soit encore vivant». Selon les autorités mexicaines, les suspects ne seront questionnés sur l'affaire qu'une fois achevée la procédure liée à leurs autres délits, ce qui devrait être le cas à la fin décembre.

«Deux gros dossiers»

Elément positif, la compagne du disparu, qui s'est rendue au Mexique, a aperçu «deux gros dossiers» consacrés au Suisse dans les bureaux du SIEDO (ndlr: police mexicaine sur le crime organisé). Celui-ci a aussi assuré suivre des pistes sérieuses.

Les proches du Jurassien bernois ont également affaire au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avec «un nouvel intervenant» qui «a du répondant», selon la soeur. En contact avec le Mexique, il a assuré la famille que l'ambassade de Suisse sur place exerçait «énormément de pression» sur les autorités locales.

Aucune nouvelle en revanche de l'avocat mexicain spécialisé dans les affaires d'enlèvements embauché par la famille. Ni du Ministère public de la région Emmental-Haute Argovie, à Fraubrunnen (BE), d'où est originaire le Suisse et auquel son dossier a été transmis.

Le commerçant bernois avait été enlevé le 19 décembre 2010 à Cuernavaca, ville touristique située à 90 km de Mexico où il résidait depuis près de 20 ans. Ses proches avaient payé le lendemain une rançon de 10'000 dollars (9300 francs). Ils sont depuis sans nouvelles de lui, ni des ravisseurs.

(ats)