Nyon (VD)

20 juin 2011 18:16; Act: 20.06.2011 18:53 Print

Un entrainement martial dans les parcs de la ville

Des «soldats» en uniforme devraient bientôt animer un camp de sport en plein air en ville de Nyon.

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Point de machine high-tech, les sportifs en herbe bosseront avec des exercices de l’armée. (Photo: Dr)

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Il est 6h30 à Genève. Dans le parc, un cheval à bascule et des balançoires. Ainsi qu’un militaire avec sa troupe. Dans celle-ci, une dizaine de courageux, hommes et femmes, qui suent en rang, au rythme des ordres d’un instructeur en gris-vert. Voilà une scène qui ne manquera pas de faire sourciller les passants lorsqu’elle se déroulera à Nyon cet été. Linh Nguyen a flairé le bon filon en créant avec une collègue sa société «Private Bootcamp» en Suisse romande. Pourtant, rien ne prédisposait cette employée d’une banque privée à se lancer dans le fitness aux atours militaires.

C’est au Portugal que les deux femmes ont découvert le concept du Bootcamp. «On voulait perdre du poids. La solution fut si efficace que nous avons décidé d’importer le modèle en Suisse», explique la trentenaire. C’est ainsi que Genève a accueilli des sportifs amateurs de jusqu’au-boutisme dans ses jardins publics. Les séances ont lieu à 6h30 ou à 19h30, et comptent une dizaine de participants, pour la plupart des femmes trentenaires «jouissant d’un bon travail mais très occupées».

Suer avec rigueur trois fois par semaine durant un mois exige tout de même un pécule de 400 fr. Comme le spécifie Linh, «contrairement à l’Urban fitness, nous demandons une participation financière à nos clients, ainsi qu’un engagement de leur propre personne». Lequel se solde par des sanctions en cas de manquement. «Si l’on arrive en retard, il y aura des conséquences. Pompes ou abdos pour tout le monde», avertit la jeune femme, qui précise que les exercices sont adaptés au niveau de chacun.

«Nous bousculons le quotidien»

Aux cours, les instructeurs vêtus de treillis tiennent le rôle. Au nombre de quatre, ce sont d’anciens militaires pour la plupart. Gradés pour certains, d’autres ont simplement été soldats. Un professeur de fitness et ancien sportif d’élite a également été recruté. «Je suis réputé pour être le coach le plus dur», sourit Christian, ancien soldat. Cet adepte de sambo, un art martial russe, a fait son école de recrues en Suisse. Il s’est formé comme garde du corps en Pologne avant de fonder sa propre boîte de sécurité en Suisse. «J’ai fait des missions en Afrique, et mon profil a plu car j’avais l’expérience du feu, contrairement à beaucoup de militaires suisses», note-t-il.

Avec Christian, inutile de babiller durant les exercices. Le ton monte parfois. «Cela fait partie du jeu. Je change de voix et de caractère, mais je redeviens moi-même à la fin du cours», détaille l’instructeur. L’intérêt du challenge ? Se dépasser grâce à un cadre exigeant une discipline de fer. «Nous sommes là pour bousculer le quotidien. Je n’adopte pas un ton mielleux pour donner mes instructions, et je ne porte pas un short funky à la mode. Alors évidemment, c’est plus austère et ça pousse à chercher ce qu’il y a au fond.»

(jou)