Boudry (NE)

14 janvier 2020 22:28; Act: 15.01.2020 10:28 Print

Un fondeur vole de l’or en le cachant dans son corps

Mardi, un homme était jugé pour avoir dérobé plusieurs kilos d’or à l’entreprise dans laquelle il travaillait.

storybild

La fonderie du voleur traite plus de 300kg dor par jour. (Photo: Keystone)

Une faute?

L’occasion a-t-elle fait le larron? Pour l’avocat de la défense, dans le cadre d’un procès qui s’est tenu mardi à Boudry, oui. L’accusé, un père de famille sans histoire, proche de la cinquantaine, a dérobé près de 4 kilos d’or à une entreprise où il travaillait en tant que fondeur entre novembre et décembre 2016.

Il n’explique d’ailleurs pas son geste, si ce n’est par un coup de folie. Quant à son avocat, il souligne: «Lorsqu’on manipule quotidiennement de grandes quantités d’or, on se déconnecte de la réalité. De plus, la sécurité était peu dissuasive. Mon client a agi comme un enfant qu’on aurait laissé sans surveillance devant un buffet de bonbons, en lui demandant de ne pas y toucher.»

Mais ce qui interpelle dans cette affaire, c’est surtout la méthode utilisée: chaque jour durant un peu plus d’un mois, il s’est emparé de petits morceaux de métal précieux, qu’il enrobait de scotch. Puis, à l’aide de lubrifiant, il se les introduisait dans le rectum, pour déjouer la sécurité du site.

Vol ou simple tentative?

Outre quelque 4 kilos retrouvés chez lui, trois autres kilos se trouvaient dans son casier. Pour la procureure, ces derniers doivent également être considérés comme volés, ce qui représenterait un butin total de 6,857 kg d’or, estimés à 260'000 francs. «C’est comme une employée d’un magasin qui s’empare d’habits et les range dans ses affaires, sans les avoir payés. Même si elle est encore sur place et qu’elle n’a pas franchi les caisses, selon la jurisprudence, le vol a déjà eu lieu», a-t-elle expliqué.

La défense, en revanche, qualifie la présence de l'or dans le casier de tentative de vol, puisqu'il n'était pas encore en possession de l'accusé. «Le casier se trouve dans une zone accessible à tous les employés et il ne peut être fermé à clef», dit-elle.

Cette distinction entre vol et tentative de vol est importante, car elle aura une influence sur la condamnation. Ce résident français risque en effet 22 mois de prison ainsi qu’une expulsion du territoire suisse, la procureure ayant plaidé le vol par métier. La défense, elle, considère que dix mois suffisent, d'autant plus que tout l'or a pu être restitué à son légitime propriétaire. Verdict le 30 janvier.

(xfz)