Elections cantonales

04 décembre 2011 10:20; Act: 04.12.2011 16:30 Print

Une Verte et un PLR entrent au gouvernement

L'écologiste Marie Garnier et le libéral-radical Maurice Ropraz sont les nouveaux conseillers d'Etat fribourgeois. Ils rejoignent les cinq sortants réélus dimanche.

Une faute?

Ont été élus, dans l'ordre, Isabelle Chassot (PDC), Beat Vonlanthen (PDC), Georges Godel (PDC), Erwin Jutzet (PS), Marie Garnier (Verts), Anne-Claude Demierre (PS) et Maurice Ropraz (PLR). Ont obtenu des voix Pierre-André Page (UDC) et Pierre-Olivier Nobs (PCS). La participation s'est élevée à 37,65%.

L'UDC Pierre-André Page n'a pas réussi son pari, lui qui a provoqué le second tour malgré sa 10e place sur 12 il y a trois semaines.

L'enjeu principal de cette élection était de savoir qui - de la gauche ou de l'UDC - allait décrocher le siège laissé vacant par l'indépendant Pascal Corminboeuf. La gauche a clairement emporté son pari.


Trois femmes aux commandes

Mme Garnier poursuit sur sa lancée du premier tour. Elle avait déjà créé la surprise en arrivant juste après les cinq sortants. Cette fois-ci, elle fait mieux encore, s'intercalant parmi eux, et devance Mme Demierre.

Son élection porte à trois le nombre de femmes siégeant à l'exécutif fribourgeois. Agée de 49 ans, directrice du centre de formation de Pro Natura à Champ-Pittet, conseillère communale à Villars-sur-Glâne, Mme Garnier est ingénieure-agronome EPFZ.

M.Ropraz maintient le siège de son parti, mais arrive dernier des élus, faisant moins bien qu'escompté en dépit de la recommandation de vote réciproque conclue entre le PDC et le PLR entre les deux tours. Cet avocat libéral-radical a été préfet de la Gruyère pendant 10 ans; il a démissionné de ce poste pour la fin de l'année, car il ne voulait pas courir deux lièvres à la fois.

Comme au premier tour, Isabelle Chassot cartonne; elle obtient 35'622 suffrages, soit 51,5% des voix. Elle est talonnée de près par Beat Vonlanthen. Suivent dans un mouchoir de poche Georges Godel et Erwin Jutzet.

Marie Garnier engrange 31'222 suffrages, suivie de près par Mme Demierre (30'472). M.Page récolte 20'450 suffrages et devance de peu M.Nobs qui se montre néanmoins très satisfait de son résultat.


Alliance à gauche réussie


A gauche, certains n'avaient pas apprécié le maintien de la candidature du chrétien-social, craignant un éparpillement des voix, d'autant que le PS avait retiré après le premier tour Xavier Ganioz mieux placé que M.Nobs. Les résultats des candidats de gauche montre que l'alliance de ses trois partis, PS, Verts et PCS, a de nouveau bien fonctionné.

Le second tour confirme les résultats du premier. Les sept élus étaient arrivés dans les sept premiers sur douze candidats le 13 novembre. Aussi bien la gauche que le PDC et le PLR parlaient en faveur d'un second tour tacite.


Changer de mode électoral

L'UDC ne l'a pas entendu de cette oreille. M.Page a maintenu sa candidature provoquant un second tour. Malgré sa non-élection, M.Page n'a pas de regret. Son parti jugeait qu'il devait bien à son électorat et à sa place de 3e parti au parlement cantonal avec 21% de chercher à être représenté au gouvernement. M.Page avait déjà tenté sa chance en vain en 2006.

L'UDC constate qu'elle n'est toujours pas représentée au gouvernement malgré ses 21 députés alors que les Verts y entrent avec trois seuls parlementaires cantonaux. Le parti étudiera dès lors dans le détail l'opportunité de soumettre aux citoyens fribourgeois une modification du système électoral, en passant du scrutin majoritaire à la proportionnelle.

M.Nobs n'a maintenu sa candidature qu'une fois sûr que l'UDC provoquait un second tour. Il a motivé sa décision par la volonté de ne pas démotiver les troupes de son petit parti.


Marathon électoral

Les Fribourgeois ont mis dimanche un point final à leur marathon électoral 2011. Après les communales en mars, les fédérales en octobre et le premier tour des élections cantonales le 13 novembre, ils ont dû se rendre à nouveau aux urnes, le premier tour s'étant soldé par un ballottage général.

Le gouvernement actuel est constitué de trois démocrates- chrétiens, Isabelle Chassot, Beat Vonlanthen et Georges Godel, deux socialistes, Erwin Jutzet et Anne-Claude Demierre ainsi que d'un libéral-radical Claude Lässer et de l'indépendant Pascal Corminboeuf. Les deux derniers se retirent après trois mandats de cinq ans.

Le nouveau gouvernement prêtera serment le 22 décembre devant le Grand Conseil réuni en session de reconstitution. Le parlement élira le président du gouvernement. L'exécutif cantonal se répartira les maroquins le lendemain.

(ats)