Jura

11 avril 2019 18:48; Act: 12.04.2019 09:28 Print

Sabotage: les voisins du ministre acquittés

L'élu Martial Courtet avait accusé un couple d'avoir dévissé les boulons des pneus du véhicule familial en juillet 2017. Il n'a pas été suivi par le Tribunal de Porrentruy (JU), jeudi. Les deux jeunes ont toutefois été condamnés pour menace de mort, calomnie.

storybild

Le couple, qui vit dans cet immeuble, a été condamné à de modestes peines. (Photo: apn)

Une faute?

Le féroce conflit de voisinage qui oppose le ministre jurassien Martial Courtet, son épouse et un couple de deux jeunes était au menu du juge pénal, jeudi à Porrentruy (JU). En juillet 2017, alors qu'il s'apprêtait à prendre l'autoroute avec son épouse (alors enceinte) et leurs deux enfants, l'élu a constaté que les cinq boulons des roues du côté droit du véhicule familial avaient été dévissés. Il avait porté plainte pour tentative de mise en danger de la vie d'autrui. «A part mes deux voisins, je n'ai aucun litige apparent avec quelqu'un d'autre», avait déclaré Martial Courtet.

Travail des enquêteurs de la police décrié

Le gros morceau de la procédure était la tentative de mise en danger de la vie d'autrui. Sur ce volet précis, le Tribunal de première instance n'a suivi ni le ministre ni la procureure Frédérique Comte, jeudi. Faute de preuves suffisantes, les deux jeunes ont été acquittés. La Cour a également remis en cause le déroulement de l'enquête menée par la police. La procureure avait requis une peine de 18 mois avec un sursis de deux ans et 60 jours-amende avec sursis pour l'accusée de 20 ans, mère d'un bébé. Et une peine de 16 mois avec un sursis de trois ans, ainsi que que 15 jours-amende pour l'autre prévenu âgé de 26 ans.

«C'est un verdict satisfaisant»

En revanche, le couple sans activité lucrative a été condamné à de modestes peines notamment pour menace de mort, calomnie et injure. Le jeune homme a écopé de cinq jours-amende à 10 fr. et sa compagne de 75 jours-amende à 10 fr. Ils devront également supporter une partie des frais de procédure. «C'est un verdict satisfaisant», a salué Me Didier Nobs, l'avocat du jeune homme.

Me Stéphanie Lang Mamie, l'avocate du ministre, était moins enthousiaste. «Nous nous donnons le temps de la réflexion pour voir si nous allons faire appel ou pas. Personnellement, en tant qu'avocate, j'aurais fait appel de ce jugement car je ne suis pas convaincue de sa motivation. Mais je comprendrais que mes clients aient envie de tourner la page», a-t-elle réagi en sortant du Tribunal.

(apn)