Contre l'invasion du plastique

18 janvier 2020 09:14; Act: 18.01.2020 18:41 Print

«Le fleuve était comme une décharge flottante»

Une ONG néerlandaise a mis au point un «Interceptor»: un bateau équipé d'une barrière courbée pour piéger les déchets flottants emportés par les cours d'eau.

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Une grande péniche équipée d'une barrière courbée récupère des déchets à l'embouchure d'un fleuve malaisien pour les empêcher de s'éparpiller dans la mer : «The Interceptor» est une nouvelle arme contre l'invasion du plastique dans les océans.

Quelque huit millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans chaque année, des pailles aux emballages et autres déchets, selon l'ONG américaine Ocean Conservancy. Ces déchets menacent quantité d'espèces marines et polluent de nombreux sites autrefois vierges. Un problème particulièrement aigu en Asie du Sud-Est.

Face à cette marée de plastique, l'ONG néerlandaise The Ocean Cleanup a mis au point une solution inédite avec son «Interceptor»: un bateau de 24 mètres qui ressemble à une péniche et est équipé d'une barrière courbée pour piéger les déchets flottants emportés par les cours d'eau.

Les déchets, essentiellement plastiques, sont dirigés vers une rampe dans la barge puis passent sur un tapis roulant avant de tomber dans des bennes à ordures. L'«Interceptor», qui fonctionne à l'énergie solaire et est entièrement autonome, peut collecter jusqu'à 50 tonnes de déchets par jour, selon ses concepteurs.

L'«Interceptor»: comment ça marche?

(vidéo: The Ocean Cleanup)

Décharge flottante

En octobre, l'un de ces engins a été placé sur le fleuve Klang, un cours d'eau très pollué qui traverse la capitale malaisienne Kuala Lumpur avant de se jeter dans la mer dans le détroit de Malacca. L'association Ocean Cleanup collabore avec la compagnie locale Landasan Lumayan, qui s'efforce de nettoyer les cours d'eau depuis 2016 et observe que ses efforts commencent à payer.

«Le fleuve Klang était comme une décharge flottante», explique Syaiful Azmen Nordin, directeur exécutif de la société malaisienne. «Les bateaux n'arrivaient plus à passer tellement il y avait de plastique». «Maintenant vous pouvez constater que le fleuve ne charrie plus de débris flottants, note-t-il, alors que la barge installée près d'une mosquée de la ville de Klang, retient les déchets.

Ambitieux déploiement

L'ONG néerlandaise espère que son projet aura un impact important, alors qu'elle estime à 80% la part des déchets plastiques qui polluent les océans apportés par les fleuves. Les eaux du fleuve Klang à elles seules charrient plus de 15'000 tonnes de plastique chaque année dans la mer, selon une carte sur le site internet de l'ONG. Ce cours d'eau fait partie des 50 plus gros contributeurs à la pollution maritime sur la planète.

The Ocean Cleanup s'est fixé pour but d'équiper un millier de cours d'eau, les plus pollués du globe. »Nous savons que cet objectif (...) est ambitieux, mais il est nécessaire«, indique Joost Dubois, un porte-parole de l'ONG qui espère en cinq ans pouvoir régler une grande partie du problème de pollution plastique dans les mers. Mais la tâche est immense. L'ONG a construit à ce jour quatre bateaux, pour 700'000 euros l'unité, même si le coût devrait décroître.

Une barge a été déployée en Malaisie, une autre dans la mégalopole engorgée de Jakarta en Indonésie voisine, et d'autres doivent être installées au Vietnam et en République dominicaine. La Thaïlande a signé pour en installer une à côté de la capitale Bangkok, et l'ONG est en négociations avec Los Angeles. En Malaisie, aux côtés de la barge, sept barrages filtrants ont été installés sur le fleuve Klang long de 120 kilomètres.

Les détritus récupérés sont déversés dans des décharges actuellement même si des efforts sont en cours pour en extraire les déchets recyclables. Parmi les quelque 50'000 tonnes d'ordures repêchées dans le fleuve en quatre ans «nous avons trouvé des pneus, des ours en peluche et même des animaux morts (...) mais en général c'est du plastique», remarque Syaiful Azmen Nordin. Ces dispositifs ne vont fonctionner que si les gens prennent leurs responsabilités aussi et cessent de jeter du plastique à tout va, insiste-t-il néanmoins.

«Certains ne comprennent pas l'impact que peut avoir le fait de jeter des détritus. Ils jettent du plastique dans les rues, qui se retrouve dans les fleuves.» «Si on change notre comportement, nous pouvons contribuer à rendre les fleuves plus propres», insiste-t-il.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • cotz04 le 18.01.2020 09:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça c'est agir.

    Bravo à cette équipe. Eux, ils font au moins quelques choses d'intelligent, ils ne viennent pas manifester, où c'est plus calme!!! Ça c'est agir et trouver des solutions. Mlle. Greta et tous ces suiveurs prenez en de la graine.

  • Âne Rhylle le 18.01.2020 09:26 Report dénoncer ce commentaire

    Plus efficace et pérenne

    C'est bien. Mais il y a plus simple: éduquer les gens à ne plus rien jeter de cette manière, interdire d'utiliser les cours d'eau comme décharges, si nécessaire aider ces pays à mettre en place un système de traitement des déchets moins invasive. Cela va aussi pour toutes les industries.

  • Robert Martin le 18.01.2020 09:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au boulot les minots

    Là, on est dans le concret des gens qui travaille pour sauver la planète. Greta prends-en de la graine

Les derniers commentaires

  • clean le 18.01.2020 20:12 Report dénoncer ce commentaire

    bravo

    FORMIDABLE INITIATIVE.Lancez une demande de fonds :que tous les lobbyistes et autres puissants de fortune mondiaux vous aident pour votre merveilleux projet afin de lutter pour une planète propre et: responsabilité individuelle surtout.

  • Daniel Girard le 18.01.2020 20:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Poissons

    Et les poissons??

    • SA le 18.01.2020 20:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Daniel Girard

      Le mécanisme ne ramasse que les detritus en surface... faudrait vraiment faire un effort de lire l'article avant de le commenter.

  • Etienne le 18.01.2020 20:01 Report dénoncer ce commentaire

    Un bon début

    Le tout est de savoir ensuite quoi faire avec ces détritus. Au minimum en tout cas de ne pas les rejeter à la flotte...

  • he le 18.01.2020 19:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    nos microts plastic vont à la mer

    si chacun et chacune s'occupait de ses déchets en général et des petites pastilles collées sur les fruits vendus en libre service en grande surface sans les geter dans les égouts ce désastre n'existerait pas

  • Pedro le 18.01.2020 18:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pollution

    Au Pérou c' est pareil les toilettes le plastic tout dans les fleuves et l'océan. Macchu Picchu et ses plus de 60 hôtels et 5000 touristes/jour en pleine saison,tout part dans le fleuve.Par contre le gouvernement encaisse beaucoup d' argent et ne fait rien pour traiter les déchets durablement.....