Jeff Bezos vise la Lune

09 mai 2019 23:22; Act: 10.05.2019 07:41 Print

«Nous allons construire une route de l'espace»

Le patron d'Amazon Jeff Bezos a dévoilé jeudi un projet d'alunisseur pour retourner sur la Lune d'ici 2024.

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L'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, patron d'Amazon et de la société spatiale Blue Origin, a annoncé jeudi à Washington qu'il entendait participer à la nouvelle conquête de la Lune, en présentant un projet d'alunisseur pour y transporter véhicules et équipements en 2024.

Blue Origin, compagnie spatiale de 2000 salariés financée par le milliardaire depuis sa création en 2000, entre ainsi dans la compétition avec des sociétés établies qui rivalisent pour décrocher des contrats avec la Nasa pour le retour d'astronautes sur la Lune dans cinq ans.

«Voici Blue Moon», a déclaré Jeff Bezos lors d'une présentation. Derrière lui, des rideaux ont dévoilé une maquette de grand atterrisseur, pesant plus de trois tonnes à vide et 15 tonnes avec le plein de carburant, équipé d'un unique moteur. Il pourra transporter 3,6 tonnes de fret sur la surface lunaire, et 6,5 tonnes dans une version plus grande.

«C'est un véhicule incroyable, et il ira sur la Lune»

L'alunisseur, posé sur quatre jambes, a un pont supérieur où pourront être fixés des équipements. Un grand réservoir sphérique de carburant (de l'hydrogène liquéfié) occupe son coeur. «C'est un véhicule incroyable, et il ira sur la Lune», a déclaré Jeff Bezos.

L'alunisseur est développé depuis trois ans, a-t-il dit. Il pourra emmener des instruments scientifiques, quatre petits rovers, mais aussi un futur véhicule pressurisé pour humains, selon lui. Il ne pourra pas lui-même embarquer des astronautes, mais serait suffisamment grand pour accueillir sur son pont un véhicule «d'ascension», c'est-à-dire un petit vaisseau, construit par d'autres, permettant aux astronautes de remonter de la surface vers une station en orbite.

Le but est d'atterrir au pôle sud de la Lune, où se trouve de l'eau glacée. L'eau peut être exploitée pour produire de l'hydrogène, qui servirait ensuite de carburant explorer le système solaire.

D'après un document diffusé ensuite par Blue Origin, l'objectif du premier alunissage est 2024, c'est-à-dire la date fixée il y a moins de deux mois par le gouvernement de Donald Trump pour le retour d'astronautes sur la Lune, dont la première femme. Le patron n'a pas dialogué avec les journalistes. «Nous pouvons aider à tenir ce délai, mais seulement parce que nous avons commencé il y a trois ans», a déclaré Jeff Bezos. «Il est temps de retourner sur la Lune, mais cette fois pour y rester».

Colonies de l'espace

L'objectif de 2024, annoncé par le vice-président Mike Pence fin mars, a plongé la Nasa dans une frénésie d'activité, car cette mission était initialement prévue pour 2028. Rien n'est prêt: ni la puissante fusée (SLS) qui doit transporter les véhicules et astronautes. Ni les éléments de la future mini-station en orbite lunaire qui servira de point-relais. Ni l'alunisseur ou les rovers dont auront besoin les astronautes.

L'agence spatiale américaine est en train de finaliser les appels d'offre pour l'alunisseur. Lockheed Martin a présenté il y a plusieurs mois son projet, capable, lui, d'emmener des passagers. Quant à SpaceX, la firme rivale fondée par Elon Musk, elle se concentre sur d'autres chantiers: une capsule pour la Nasa pour relier la Station spatiale internationale à la Terre, et une grande fusée censée emmener des clients autour de la Lune en 2023.

L'annonce de Jeff Bezos a été précédée d'un long monologue sur sa passion pour l'espace. Il a décrit les futuristes colonies spatiales imaginées par feu le physicien Gerard O'Neill, des mondes artificiels qui pourraient assurer à l'humanité une échappatoire face à une Terre aux ressources limitées.

«Le travail de ma génération est de construire l'infrastructure», a dit Jeff Bezos. «Nous allons construire une route de l'espace». Il a confirmé que la grosse fusée de Blue Origin, la New Glenn, serait prête en 2021. Elle offrira «une réduction radicale des coûts de lancement», a-t-il promis.

L'autre projet de Blue Origin est la petite fusée New Shepard, destinée à des voyages touristiques d'une dizaine de minutes juste au-dessus de la frontière de l'espace (100 km d'altitude). Cette fusée, qui a réussi onze tests à vide depuis le Texas, emmènera des humains pour la première fois cette année, a-t-il confirmé.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jerome Clavi le 10.05.2019 21:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avant de Nous faire rêver de la lune...

    Avant de dépenser son argent à des futilités, M. Bezos pourrait penser à payer ces employés décemment, à ne plus les soumettre à des conditions de travail inhumaines, à respecter les états en payant des impôts, à éviter le gaspillage écologique, à réduire son impact sur l'environnement, etc... des tâches nobles qui ne font là une des journaux pour changer...

  • Ouin ouin ça sert à rien le 10.05.2019 09:25 Report dénoncer ce commentaire

    A tous les fragiles

    Sans la conquête spatiale et l'industrie militaire vous n'auriez accès à aucune technologie moderne.

  • Greta Lalune le 10.05.2019 09:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Megalomanie

    La connerie humaine sera toujours la seule chose durable!

Les derniers commentaires

  • hubert le 11.05.2019 18:04 Report dénoncer ce commentaire

    objectif lune de fiel

    c'est pas avec ce bidule qu'il va transformer la Lune en zone résidentielle . D'abord, il faut une fusée plus puissante, et puis , ce n'est qu'un désert parsemé d'une poussière très corrosive ...

  • Bazhial le 11.05.2019 16:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mr

    La connerie humaine est sans limite

  • Pierre T le 11.05.2019 16:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cette course de milliardaires

    ne mene nulle part. Seul un grand organisme international sans but lucratif peux mener a bien un vrai projet.

    • Avygael le 13.05.2019 13:12 Report dénoncer ce commentaire

      @Pierre T

      Ce serait vrai dans un monde parfait mais dans le monde actuel, ce n'est qu'en faisant miroiter du profit ou une suprématie militaire qu'on parvient à mobiliser pour de tels projets.

  • albert le 11.05.2019 13:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pollution oublié

    Je réfléchissais sur la pollution ., l'Europe , son sol ses eaux sont super contaminés 400 ans de guerres et 2 mondiales déchet. de guerre de toute sorte fer cuivre plomb. produits chimiques déchets radioactives kérosène essence gaz huile d'autres retombés du ciel nano billes hormones produits chimiques de fraude , roundups mercure et autres , les drogues et toute ces merveilles , plus le plastique sont déversés en suite dans la mer .... réjouissant n'est ce pas ? Et c'est plus que la moiteé de la planète qui à ça Usa canada Amérique latine asie russie pays arabes reste quoi ?

  • Waikiki le 11.05.2019 12:23 Report dénoncer ce commentaire

    Le prestige des priorités

    La priorité serait de (et dans l'ordre) : traiter humainement les collaborateur et les payer normalement, payer comme il se doit le fisc de chaque pays d'activité, investir les bénéfices dans la dépollution de la planète. La lune est certes prestigieuse pour un petit club d'élu, mais ne nous sauvera pas !