Zoologie

23 janvier 2020 22:28; Act: 23.01.2020 22:28 Print

Comme les humains, les singes copient leurs chefs

Indépendamment du lien de parenté, du sexe ou de l'âge, les primates font comme les meneurs, conclut une étude de l'Unil.

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Une fois que le leader sait ouvrir la boîte, les autres l'imitent. (Photo: Charlotte Canteloup DEE-UNIL)

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Dans les sociétés humaines, les leaders d’opinion et les décideurs jouent un rôle crucial dans la propagation des moeurs. Ce constat ne date pas d’hier et une étude menée par l’Université de Lausanne auprès des singes vervets suggère que ces règles puisent leurs racines dans l’évolution des primates.

L’étude s’est penchée sur les capacités sociales et cognitives de cette espèce. L’expérience a consisté à disposer des boîtes identiques pouvant s’ouvrir de deux manières différentes auprès de deux groupes de singes et à noter quel individu a réussi en premier à obtenir le fruit caché dans la boîte, grâce à quelle technique et par qui il était observé. Ces informations ont ensuite été analysées grâce à une méthode récente de modélisation statistique, qui a permis de mettre en lumière qui fait quoi.

Ces techniques ont révélé que les singes ont bien appris les uns des autres, par observation, comment résoudre la tâche. Mieux: ils ont avant tout copié leurs leaders, indépendamment du lien de parenté, du sexe ou de l’âge.

Transmission du haut vers le bas de l'échelle sociale

«Le facteur dominant pour qu’un individu soit copié est son rang hiérarchique; la transmission des techniques d’ouverture des boîtes s’est ainsi faite depuis les individus de plus haut rang social vers les individus de plus bas rang social», commente Charlotte Cante­loup, postdoctorante au sein de l’équipe d’Erica van de Waal, du Département d’écologie et évolution de l’Unil. Ce qui est également le cas dans les sociétés humaines, constatent les chercheurs. 

(ats)