Santé

04 novembre 2019 15:13; Act: 04.11.2019 15:25 Print

Des virus tueurs de bactéries suscitent l'espoir

Des chercheurs de l'EPFZ ont manipulé des virus tueurs de bactéries, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans la phagothérapie.

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De nombreux obstacles doivent encore être surmontés dans la phagothérapie. (Photo: Keystone)

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Des chercheurs de l'EPFZ sont parvenus à reprogrammer des virus tueurs de bactéries pour les diriger contre d'autres cibles que celles qu'ils visent habituellement. Balbutiante, la méthode pourrait un jour servir à lutter contre les bactéries multirésistantes.

Les bactéries sont des êtres unicellulaires sans noyau pouvant être bénéfiques ou néfastes pour l'organisme. Elles sont la proie de virus appelés bactériophages ou phages, qui les détruisent et s'en servent pour se multiplier. Chaque phage est spécialisé dans un type de bactérie.

Les scientifiques zurichois ont réussi à «manipuler» l'un de ces prédateurs de bactéries pour le diriger contre des cibles choisies. Il s'agit d'un «pas important» dans le développement de la phagothérapie, a communiqué lundi l'EPFZ. Les résultats ont été publiés dans la revue «Cell Reports».

Comme une clé

Les phages reconnaissent «leur» bactérie grâce à des protéines qu'ils portent. Ces protéines correspondent à un récepteur présent sur la bactérie, un peu comme une clé correspond à une serrure. Grâce à la technique de la radiocristallographie, les chercheurs ont identifié la structure d'une «clé» de phage anti-Listeria.

A partir de ce plan détaillé, ils ont créé de nouveaux récepteurs en assemblant des composants de protéines de différents phages, comme s'il s'agissait de briques Lego. Ils ont alors modifié génétiquement des phages anti-Listeria pour les équiper des clés ainsi façonnées et leur permettre d'accéder à de nouvelles souches de la bactérie concernée.

L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de cibler très précisément des bactéries pathogènes, à l'inverse des antibiotiques qui affectent des bactéries de manière indiscriminée, y compris des «bonnes» bactéries. De plus, elle offre une solution à la résistance aux antibiotiques que développent les bactéries.

Pas pour demain

Mais son application n'est pas pour demain. De nombreux obstacles doivent encore être surmontés. La recherche conduite à l'EPFZ a surtout visé à montrer la faisabilité du procédé sur une bactérie-modèle. Il ne peut être répliqué tel quel pour d'autres phages et organismes hôtes. Cela n'entame pas l'optimisme des scientifiques.

D'autant qu'il y a quelques mois, des chercheurs américains ont rapporté dans la revue Nature Medicine qu'un adolescent de 15 ans souffrant de mucoviscidose s'était vu administrer avec succès des phages pour soigner une grave infection causée par la maladie. Des essais cliniques à large échelle seront néanmoins nécessaires avant que des thérapies puissent être approuvées.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Hellmuth pas Kohl le 04.11.2019 16:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça fait 100ans de retard

    on réinvente la roue !!! Dans les pays ex bloc de l'est on soigne depuis plus de 100 ans avec ça !!! A Tbilissi ils ont sauvé des personnes du staphylocoque doré.... et j'en passe

  • Christian le 04.11.2019 16:15 Report dénoncer ce commentaire

    Copier colle!

    Quel avance ou plutôt quel retard! la phagothérapie est tjrs utiliser dans les pays de l'est (Ukraine, Russie, Bulgarie, Géorgie etc...) et certains patients que les antibiotique moderne n'arrivent plus à soigner les infections vont là bas pour se faire soigne avec les pagophages avec des résultats positifs! Sauf que les pharmas occidentale ont dénigres cette méthode durant 50 ans pour privilège leur chimie et les résultant c'est que certains bactéries se sont adapter au médicaments et aujourd'hui certains gens meurt des infection que les antibiotiques n'arriver plus à soigner!

  • Milpa Bagen le 04.11.2019 16:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un espoir qui renaît

    Les phages ont très été utilisés dans les pays de l'est avant la chute du mur, quand ils n'avaient que très peu accès aux antibiotiques. Puis ils sont tombés en désuétude. C'est une voie formidable, surtout pour lutter contre les maladies nosocomiales. C'est génial si l'EPFZ a réussi à sélectionner et purifier des souches. Cela sauvera des milliers de vies, avec peu d'effets secondaires. Merci!

Les derniers commentaires

  • Vibrion de Bruges le 09.11.2019 23:19 Report dénoncer ce commentaire

    espoir

    Si seulement ils pouvaient trouvé le virus qui éliminerait définitivement la plus grosse bactérie que cette terre est jamais portée

  • Lerascal le 05.11.2019 10:07 Report dénoncer ce commentaire

    Les virus? pas pour demain!

    Rien de nouveau sous le soleil! L'URSS a déjà utilisé quasiment massivement les virus tueurs de bactéries. Un ophtalmologue français qui était confronté à des infections oculaires récidivantes a fini par faire venir des virus de Moscou. Le traitement a été très bref et la patiente n'a plus du tout d'infections depuis 2 ans et demi. Mais voilà, les pharmas n'y gagnent pas un sou ( les virus sont prélevés dans les eaux sales) et comme beaucoup de chercheurs du domaine hospitalier son maqués avec ces boutiques les anti-infectieux d'origine virale perceront très difficilement

  • ETHZ-dude le 05.11.2019 01:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avançons

    Ce n'est pas du retard, mais une remise en selle due aux avancées faramineuse du séquençage. Quand if fallait il y a 50 ans tester des milliers de combinaisons de souches pour trouver des phages exploitables, aujourd'hui un génome bactérien est résolu en quelques semaines!

  • Hubert Sanssoeur le 05.11.2019 00:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les phages aussi contre les idées loufoques

    Bravo de chercher dans le sens des phages dévoreurs de vilaines bactéries. Espérons qu'ils fonctionnent aussi contre les idées politiques loufoques

    • Pasteur le 05.11.2019 09:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Hubert Sanssoeur

      Les bactéries rouges vertes sont très résistantes dans les milieux fertils suisses.

    • Antoine de Fribourg le 05.11.2019 09:52 Report dénoncer ce commentaire

      @ Pasteur (faut le dire vite)

      Les brunes ne sont pas mal non plus.

  • Ran Freeman le 04.11.2019 18:35 Report dénoncer ce commentaire

    Le début de la fin...

    En faite, il a raison la boite de Pandore a été ouvert... La manipulation génétique de ce qui nous a de tout temps maintenu en vie... c'est pas la chose a faire... Et c'est surtout inutile. La nature et la vie sur terre et bien plus sage que l'homme avec sa médecine"moderne". L'homme d'aujourd'hui et comme un petit enfant qui joue avec des allumettes. Sauf, qu'en fessant ça il se détruira.. la terre elle sera toujours là... finalement c'est peut être mieux comme ça... aller y...

    • Gérard le 04.11.2019 20:48 Report dénoncer ce commentaire

      @Ran Freeman

      Bien plus sage, en effet... La nature nous a donné le paludisme, la malaria, la peste, le SIDA, le cancer, ...

    • Valentine le 04.11.2019 22:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Ran Freeman

      Le jour où vous souffrirez d'une infection résistante aux antibiotiques, j'imagine donc que vous refuserez la phagothérapie pour mourir bêtement d'une bonne vieille gonorrhée ou d'un abcès dentaire. C'est vrai que c'était tellement mieux avant la "médecine moderne".

    • gag le 05.11.2019 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Ran Freeman

      Je vous rappelle que la fessée est interdite...

    • Antoine de Fribourg le 05.11.2019 09:53 Report dénoncer ce commentaire

      @ Gérard

      Et avant tout ça, la mort, tout bêtement, sans laquelle il nest pas de vie possible.

    • Chrizo le 10.11.2019 20:48 Report dénoncer ce commentaire

      Oui, mais...

      Bien entendu, ce sont des recherches prometteuses pour remplacer les antibiotiques. Pourtant, il serait tellement mieux de ne PAS utiliser trop d'antibiotiques pour commencer. Croyez-vous vraiment que si les phages sont commercialisés leur développement ne suivra pas le même chemin (industriel) que les antibiotiques ? Que les fermier du Middle-West ne les voudront pas pour leurs vaches ? Que les pays sous-développés ne les prescriront pas à tout va sans les vérifications nécessaire ? Et le résultat sera celui des antibiotiques : résistance à gogo !