Espace

25 octobre 2018 23:25; Act: 25.10.2018 23:32 Print

L'Europe spatiale veut privilégier ses lanceurs

Cinq pays européens, dont la Suisse, se sont engagés jeudi à ce que leurs satellites partent sur des lanceurs européens.

storybild

Le premier vol d'Ariane 6 est prévu en 2020. (Photo: AFP)

Une faute?

Plusieurs pays européens, dont la Suisse, se sont engagés jeudi à utiliser des fusées européennes pour lancer leurs satellites. Ils ont signé un «document important» pour le lanceur européen Ariane 6 (dont le premier vol est prévu en 2020) et la fusée Vega C.

«L'ESA (Agence spatiale européenne), la France, l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et l'Espagne se sont engagées à ce que leurs satellites institutionnels partent sur des lanceurs européens», a-t-il dit. «L'Union européenne a fait savoir qu'elle souhaitait faire la même chose» prochainement, a déclaré le directeur général de l'ESA Jan Wörner à l'issue d'une réunion ministérielle à Madrid.

La déclaration conjointe de ces six donneurs d'ordre devrait satisfaire les industriels européens qui construisent ces deux lanceurs et ne cessent de réclamer l'assurance d'une préférence européenne sur les lancements institutionnels afin de pouvoir résister à la concurrence américaine.

Fusion «virtuose»

La Confédération était représentée par le secrétaire d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation Mauro Dell'Ambrogio, ont indiqué ses services dans un communiqué. M. Dell'Ambrogio a rappelé que la technologie spatiale est «un domaine où la recherche et innovation fusionne avec la technologie de pointe de manière quasiment virtuose. Non seulement les résultats permettent des réponses à certaines questions fondamentales qui nous préoccupent depuis longtemps, mais ils nous donnent aussi accès à des services qui façonnent et facilitent notre vie quotidienne», a-t-il ajouté, cité dans le communiqué.

Grâce à son adhésion à l'ESA, la Suisse apporte une contribution indispensable à l'Europe spatiale et demeure compétitive au niveau mondial, a-t-il ajouté. La Suisse est membre fondateur de l'ESA et verse une contribution annuelle de plus de 175 millions de francs pour les programmes et activités de l'Agence.

Collaboration avec l'UE

La réunion de Madrid, qui ne traitait pas d'aspects budgétaires, a permis de «discuter avec succès» de «tous les sujets à l'agenda», a souligné M. Wörner.

Les ministres et leurs représentants ont adopté à l'unanimité une résolution donnant au directeur général «le mandat d'instaurer des règles adéquates entre l'Union européenne et l'ESA», a précisé cette dernière dans un communiqué.

L'implication croissante de l'Union européenne dans le financement des projets spatiaux européens (programme Galileo de navigation par satellite, constellation Copernicus dédiée à l'observation de la Terre etc.) conduit à «repréciser la façon dont l'ESA et l'UE vont travailler ensemble», a indiqué le président de l'agence spatiale française CNES, Jean-Yves Le Gall. «L'idée est d'arriver à faire travailler parfaitement ensemble l'ESA et l'UE», a-t-il ajouté.

Plus flexible et plus efficace

Les ministres et leurs représentants ont adopté à l'unanimité une seconde résolution fixant l'architecture de la Conférence ministérielle prévue fin novembre 2019 à Séville. «Nous avons une feuille de route claire», s'est félicité Jean-Yves Le Gall.

L'ESA, qui compte 22 Etats membres, «doit se moderniser pour être plus flexible, plus agile, plus efficace», afin de s'adapter aux bouleversements en cours dans le secteur spatial mondial, a souligné Jan Wörner.

L'ESA a également signé un accord avec l'Agence spatiale italienne (ASI) pour le déploiement d'un télescope sur le site du mont Mufara en Sicile. Il sera chargé de détecter d'éventuels astéroïdes s'approchant de la Terre et risquant de rentrer en collision avec elle.

(nxp/ats)