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11 avril 2019 06:57; Act: 11.04.2019 07:17 Print

La Lune dans cinq ans? «La Nasa mouline»

Le retour sur la Lune était programmé pour 2028, mais le gouvernement Trump a avancé la date à 2024, plongeant l'agence spatiale dans la pagaille.

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Le célèbre lever de Terre pris depuis la Lune par la Nasa le 20 juillet 1969, le jour où l'homme a posé le pied sur le satellite pour la première fois. (Photo: Keystone)

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Dans un stand du 35e Symposium de l'espace, grand rendez-vous annuel américain de l'industrie spatiale dans l'ombre des Rocheuses à Colorado Springs, Alan Campbell attend des nouvelles de la Nasa. Il est chef de projet chez Draper, illustre société spécialisée dans les systèmes électroniques qui guida les astronautes d'Apollo jusqu'à la Lune il y a bientôt 50 ans.

Draper est candidate naturelle pour aider la Nasa à y retourner en 2024... Mais encore faudrait-il que les appels d'offres soient finalisés. «Nous ne savons pas quand ils sortiront, car la Nasa mouline en ce moment», dit-il. «Nous ne pouvons pas travailler sur leurs problèmes tant qu'ils ne nous ont pas dit quels problèmes ils voulaient résoudre».

L'attente était similaire dans des centaines d'entreprises du secteur aérospatial, des plus grands groupes aux sous-traitants les plus spécialisés, dont beaucoup étaient représentées cette semaine à Colorado Springs. Jusqu'au 26 mars dernier, le retour sur la Lune était programmé pour 2028, mais le gouvernement de Donald Trump a alors soudainement avancé la date de quatre ans, plongeant l'agence spatiale dans la pagaille.

Le premier problème est la fusée lourde, baptisée SLS, qui doit envoyer les astronautes vers la Lune. Boeing la construit mais a des années de retard et n'est pas certain d'être prêt pour le premier vol d'essai (à vide) en 2020.

Sur son stand, le constructeur américain a relégué la maquette de SLS dans un coin. La capsule Orion pour astronautes, construite par le concurrent Lockheed Martin, devrait quant à elle être prête, assure à l'AFP son chef de projet, Michael Hawes. Elle sera livrée en janvier au centre spatial Kennedy, selon lui. Une maquette grandeur nature d'Orion est exposée à l'extérieur de la conférence.

L'Europe attend

Mais marcher sur la Lune nécessite plus qu'une fusée et une capsule: la Nasa veut assembler une mini-station en orbite lunaire, où les astronautes feront étape avant la descente sur le sol lunaire.

Sierra Nevada Corporation a imaginé un module d'habitation gonflable pour loger les astronautes. A ce stade, la société ignore pour quand la Nasa voudra un habitat, mais Kimberly Schwandt, porte-parole sur le stand, garde le sourire. «Quoi que la Nasa décide, nous sommes prêts», dit-elle.

Les Européens, présents aussi en nombre ici, sont perplexes, car ils doivent livrer un module de communication. «Nous espérons pouvoir le faire à temps», dit à l'AFP Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA). «Cela dépend aussi un peu du calendrier des Américains».

Les chefs d'agences spatiales internationales venus au symposium ont prévenu le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, qu'ils avaient besoin d'un plan finalisé avant l'automne, car le budget de l'ESA sera décidé en novembre. «Je suis prêt à aller en Europe pour rassurer les décideurs politiques», a dit Jim Bridenstine, conscient que la brusque décision de M. Trump s'était faite sans aucune consultation avec les partenaires internationaux.

Comment alunir?

Mais l'urgence absolue, insistent les industriels, est de définir «l'atterrisseur» qui fera descendre les astronautes de la station vers la Lune. Industriellement, il est presque déjà trop tard pour lancer la fabrication, avertissent les entreprises les plus expérimentées.

«Nous devons commencer à courber le métal l'an prochain, ce qui veut dire que l'outillage devrait déjà être chez nous. Et j'espère que quelqu'un a déjà commandé pas mal d'aluminium», ironise Rob Chambers, responsable de Lockheed Martin pour l'exploration spatiale humaine.

Beaucoup préviennent la Nasa qu'elle devra alléger sa bureaucratie légendaire. Michael Hawes, lui-même ancien de la maison, raconte à titre d'exemple que pour la capsule Orion, les équipes de Lockheed Martin et de la Nasa ont aujourd'hui pas moins de 400 réunions par semaine. «Vous trouvez que cela reflète une certaine urgence?»

Et puis un détail crucial semble pour l'instant oublié: «Si vous voulez faire des choses sur la Lune, il faut une combinaison spatiale», rappelle Dean Eppler, qui a passé 20 ans à tester et utiliser des prototypes de combinaisons spatiales et est aujourd'hui à l'Aerospace Corporation.

Le calendrier actuel est la livraison du prototype de la nouvelle combinaison de la Nasa en 2023... pour des tests.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • pat le 11.04.2019 08:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    lune

    les américains ont perdu le mode d'emploi de 1969 à l'époque ils avaient pas plus de temps

  • Patrick le 11.04.2019 07:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pour les adeptes de la théorie du complot

    c'est quand même bizarre... qu'il aie du mal a refaire quelque chose qui a été fait il y a 50ans... hahaha je vois déjà la thérorie du complot débarquer dans le débat hahah

  • UneFille le 11.04.2019 08:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pff

    À les entendre ça semble carrément impossible toutes ces tâches à faire, avec notre technologie d'aujourd'hui.. alors que 50 ans en arrière il y avait pas de soucis, il y avait la combi, l'atterrisseur, le module de voyage, enfin bon si l'humain a vraiment posé les pieds sur la lune, pourquoi autant de soucis au projet ?

Les derniers commentaires

  • Daniel B le 11.04.2019 18:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est bien beau mais

    Aller sur la lune oui pourquoi pas. Établir une base lunaire pour de futurs voyage vers mars oui pourquoi pas . Mais ne devrait on pas se soucier d'abord de sauver notre planète ? Nettoyer l'espace de tous ces débris de satellites qui y traînent pour récupérer les métaux rares? Je dis ça je dis rien

    • Avygael le 11.04.2019 22:24 Report dénoncer ce commentaire

      @Daniel B

      Et pourquoi tous les projets devraient rester en stand-by en attendant? Tous les scientifiques de la planète n'ont pas à bosser systématiquement sur les mêmes problématiques: ce serait contre-productif. Au passage, développons le vol spatial et je peux vous garantir que juste en accédant à la ceinture d'astéroïdes, la terre ne manquerait plus de grand chose, en matière de minéraux.

  • nono le 11.04.2019 18:29 Report dénoncer ce commentaire

    American dream

    Trump n est pas foutu de faire construire un simple mur et il veut retourner sur la lune? Il va vite redescendre sur terre, tout comme il s est mangé son mur.

  • Wink le 11.04.2019 18:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout un fromage

    Ils y retournent pour faire un mur contre les Sélénides ?

  • Amina Koyim le 11.04.2019 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vous êtes vraiment dans la lune!

    Y'a t-il encore des gens qui croient vraiment que Mr. Armstrong a marché sur la lune en 1969? Si c'était le cas pourquoi personne n'est retourné depuis 50 ans? Les Américains veulent nous faire croire n'importe quoi, comme si le monde tournait qu'autour d'eux!

    • Avygael le 11.04.2019 22:27 Report dénoncer ce commentaire

      @Amina Koyim

      C'est vous qui êtes passablement mal informé. On y est retourné, après la mission Appolo 11, un total de 5 fois (donc 6 alunissages réussis entre 1969 et 1972). Malheureusement, la guerre idéologique contre l'URSS étant gagnée, le congrès américain a alors décidé de réduire le budget alloué à la NASA et de se focaliser sur d'autres points, comme la guerre du Vietnam. Et d'un point de vue scientifique, il n'y avait plus non plus d'énormissime intérêt à aller sur la lune et il n'y a pas grand chose qui puisse être fait sur la Lune et pas sur l'ISS).

  • espace le 11.04.2019 16:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ecolo

    on lance une récolte de cannettes de coca pour fournir la nasa en matière première ???