UNIL/CHUV

19 août 2014 10:58; Act: 19.08.2014 11:38 Print

La méthode Montessori est efficace

Des neuroscientifiques ont démontré que la capacité de mémorisation est prévisible en fonction de la facilité de chacun à combiner des informations auditives et visuelles.

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Les événements qui stimulent plusieurs sens génèrent des souvenirs plus forts. L'équipe de Micah Murray, professeur associé à la Faculté de biologie et de médecine de l'Université de Lausanne (UNIL) et directeur du Laboratoire d'investigation neurophysiologique du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), est en effet parvenue à mesurer par électro-encéphalographie des différences individuelles dans les processus multisensoriels chez des adultes en bonne santé.

Ces mesures ont été faites pendant que les participants exécutaient une tâche consistant à indiquer si un stimulus donné était nouveau ou leur avait déjà été présenté, comme lors d'une séance d'identification de voleurs au poste de police, par exemple.

«Nous avons établi pour la première fois qu'il existe un lien direct entre l'activité cérébrale en réponse à des informations multisensorielles à un moment donné et les capacités ultérieures de reconnaissance visuelle d'objets», explique le Pr Murray, cité dans un communiqué de l'UNIL et du CHUV.

Selon lui, «ces résultats ouvrent la voie à une stratégie d'apprentissage particulièrement efficace, ce que Maria Montessori avait déjà suggéré il y a plus d'un siècle, mais qui n'avait pas encore été prouvé par des méthodes neuroscientifiques». L'aptitude mise en évidence peut, selon les chercheurs, être utilisée pour améliorer les méthodes actuelles d«enseignement, de formation et de rééducation.

Dogmes anciens contredits

En démontrant qu'une exposition visuelle unique à un nouvel objet, accompagnée d'un son dénué de sens (ou vice-versa), pouvait aider certains individus à reconnaître cet objet plus facilement à l'avenir, l'étude contredit des dogmes psychologiques anciens selon lesquels le changement de contexte entre l'apprentissage et la phase de remémoration est défavorable pour la mémoire.

Les contextes d'apprentissage et de remémoration peuvent être liés à des états externes ou internes (p. ex. le fait de se trouver dans un lieu donné en état d'ébriété) ou à des stimuli précis (p. ex. une couleur ou une position). Traditionnellement, il était courant de penser que la mémoire était plus performante dans un contexte où l'apprentissage et la remémoration ne changeaient pas.

«Notre étude démontre que des expositions uniques à des contextes dans lesquels plusieurs sens sont stimulés suffisent pour améliorer la capacité de reconnaissance par rapport aux contextes purement unisensoriels. Nous avons établi pour la première fois que l'on peut prédire cette capacité selon comment une personne intègre les informations multisensorielles», précise le Pr Murray. Ces travaux sont publiés dans la revue «Current Biology».

(ats)