Russie

25 septembre 2019 17:50; Act: 02.10.2019 16:36 Print

Le premier Emirien dans l'espace en route vers l'ISS

Accompagné d'une astronaute américaine et d'un cosmonaute russe, Hazza Al Mansouri a décollé à bord d'un vaisseau Soyouz mercredi.

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Trois astronautes parmi lesquels Hazza al-Mansouri, le premier citoyen des Emirats arabes unis dans l'espace, ont décollé mercredi du cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, à destination de la Station spatiale internationale (ISS).

Le vaisseau Soyouz MS-15 emportant Hazza al-Mansouri, l'Américaine Jessica Meir et le Russe Oleg Skripotchka a quitté sans encombre à 13h57 GMT les steppes kazakhes pour un voyage d'environ six heures jusqu'à la station orbitale internationale.

La capsule dans laquelle ont pris place les trois astronautes s'est correctement séparée de la fusée très exactement 8 minutes et 48 secondes après le décollage, atteignant l'orbite qui lui permettra de rejoindre l'ISS, a précisé Roskosmos sur Twitter. L'amarrage avec l'ISS est prévu à 19h45 GMT.

Un «réel honneur»

A 35 ans, Hazza al-Mansouri permet aux Emirats d'intégrer le petit club des pays arabes ayant envoyé un homme dans l'espace, devancés par l'Arabie saoudite en 1985 et la Syrie en 1987.

Ce pilote de chasse deviendra aussi le premier astronaute d'un pays arabe à fouler l'ISS. Hazza al-Mansouri, dont la participation à ce vol n'a été confirmée que très tardivement, a partagé son «réel honneur» de participer à cette mission, qui provoque une immense ferveur aux Emirats.

Au cours de la traditionnelle conférence de presse organisée la veille du décollage, il a expliqué que son ambition était de «faire que cette mission soit réussie et revenir avec beaucoup de connaissances». «Le rêve est devenu réalité», a-t-il ajouté, précisant qu'il retransmettrait et partagerait ses prières quotidiennes avec la Terre.

«Quelques heures avant le vol et je suis rempli d'un indescriptible sentiment de joie et de sidération. Aujourd'hui, je porte les rêves et les ambitions de mon pays à une toute autre dimension», a-t-il publié sur Twitter quelques heures avant de s'envoler.

Une Américaine et un Russe

Biologiste de 42 ans, Jessica Meir découvre aussi l'espace, mais Oleg Skripotchka a une longue expérience: cet ingénieur a déjà participé à deux missions sur l'ISS, la première en octobre 2010, et a passé au total pas moins de 331 jours dans l'espace.

L'arrivée des trois astronautes portera à neuf le nombre d'occupants de la station orbitale, un record depuis septembre 2015. Hazza al-Mansouri ne restera que huit jours dans la station.

Sélectionné parmi 4022 candidats, Hazza al-Mansouri n'a appris qu'en septembre 2018 qu'il ferait partie de l'aventure. S'il doit procéder à quelques expériences scientifiques, il emporte aussi avec lui trente graines d'un arbre typique des Emirats qui seront plantées à travers le pays à son retour.

Chant du cygne

Il s'agissait aussi du dernier décollage d'une fusée Soyouz-FG, un modèle dont le premier vol remonte à 2001. A partir d'avril 2020, date du prochain lancement vers l'ISS, les fusées Soyouz 2.1a seront utilisées pour envoyer des hommes dans l'espace.

Enfin, il s'agissait du dernier décollage depuis l'aire de lancement «Gagarine», celle d'où était parti le premier vol habité dans l'espace en 1961 avec à son bord Iouri Gagarine.

Après bien des hésitations, les autorités russes ont décidé de ne pas aménager cette aire de lancement pour les nouvelles fusées Soyouz, qui s'envoleront d'un autre pas de tir de Baïkonour.

La Station spatiale internationale est un rare exemple de coopération entre la Russie et les Etats-Unis dans un contexte de tensions sans précédent depuis la guerre froide. Seize pays participent à l'ISS, qui a coûté au total 100 milliards de dollars, une somme payée en majeure partie par les États-Unis et par la Russie.

(nxp/afp)