Amérique centrale

25 novembre 2017 08:49; Act: 25.11.2017 16:10 Print

Les «îles de déchets», un désastre écologique

En mer des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui touche la région.

La photographe Caroline Power, qui vit sur l'île hondurienne de Roatan, a photographié ces «îles de déchets» dans les Caraïbes. (Vendredi 24 novembre 2017)
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Au large de certaines plages paradisiaques des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui se joue en silence, lorsque des rivières polluées se jettent dans la mer, dénoncent autorités, habitants et militants.

Ces «îles de déchets» ont été capturées en images par la photographe Caroline Power, qui vit sur l'île hondurienne de Roatan. L'étendue filmée cette fois-ci «est toute petite comparée à celles que l'on trouve dans les océans Atlantique et Pacifique», assure-t-elle.

On y voit des couverts jetables, des sacs et tout types de récipients en plastique. Le problème est que ces déchets «continuent de se déverser dans nos océans, ce qui abouti à la formation de ces accumulations», déclare-t-elle à l'AFP dans un courrier électronique.



«C'est une catastrophe environnementale», dénonce Leonardo Serrano, maire-adjoint d'Omoa, une ville côtière au nord du Honduras. Dans ce petit pays d'Amérique centrale, on accuse le Guatemala voisin, où la rivière Motagua parcourt des centaines de kilomètres, recueillant sur son passage les résidus d'une trentaine de communes, avant d'atteindre la mer côté hondurien.

Caroline Power relativise en rappelant qu'on «ne sait pas d'où proviennent les ordures». «Une des principales sources (de pollution) sont les rivières au Honduras et au Guatemala», admet-elle cependant. «Mais le reste peut provenir de n'importe où. Ca pourrait venir, via les courant, d'un peu partout en Amérique centrale ou dans les Caraïbes. Certains microplastiques flottent depuis des années».

«Même des poches de sang»

A la saison des pluies, de mai à décembre, les vagues rabattent ces débris sur les plages de la région d'Omoa, raconte le responsable local du tourisme, Amilcar Fajardo. En marchant le long de la côte, il montre des bouteilles, des déchets hospitaliers et des tubes d'aérosols, le tout aux emballages guatémaltèques, pour appuyer la théorie du Honduras.

Nancy Calix, une biologiste marine, explique que seuls les ordures flottantes sont visibles à la surface de l'eau, le reste repose au fond de la mer, endommageant la faune et la flore marine. «Nous avons retrouvé des poissons, et même des tortues allant jusqu'à un mètre de diamètre, morts intoxiqués après avoir avalé du plastique», témoigne le chargé du tourisme, Amilcar Fajardo.

Le problème dure depuis longtemps, mais a empiré ces dernières années, juge-t-il, au point d'obliger la municipalité d'Omoa à engager des dépenses importantes pour nettoyer ses plages, en vain, des montagnes de déchets recouvrant rapidement à nouveau le sable.

Récemment, «nous avons rempli 20 camions à benne de 13 mètres cubes chacun, et ça se voit à peine», détaille le maire Ricardo Alvarado. «On a même trouvé des poches de sang» venant d'hôpitaux guatémaltèques, dénonce-t-il. Parfois, poursuit l'édile, une partie des détritus sont enfouis à même la plage, mais la plupart du temps, ils sont emmenés à la décharge, ce qui représente des frais importants.

Le ministre de l'environnement du Guatemala, Sydney Samuels, a promis cette semaine qu'une usine de traitement des déchets d'une valeur de 1,6 million de dollars verrait le jour sur la rivière Motagua. Sa collègue en charge de la diplomatie Sandra Jovel a rencontré courant novembre les autorités honduriennes pour aborder le sujet. Le 23 octobre, le ministère des Affaires étrangères du Honduras avait envoyé une note à son voisin en regrettant «le manque de résultats concrets».

Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (Puma), 6,4 millions de tonnes de poubelles terminent dans la mer tous les ans, dont la plupart (70%) va au fond, 15% continue à circuler dans ou sur l'eau et le reste s'échoue sur les plages.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Claude52 le 25.11.2017 09:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Agissez

    Triste humanité,mais peut-on parler d'humanité devant de si tristes réalités,le plus affligeant c'est que pratiquement aucun état ne se bouge le cul,quel spectacle !

  • Grivelou le 25.11.2017 09:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plages paradisiaques ?

    Autodestruction programmée ! Le décompte a commencé.

  • lylyy le 25.11.2017 08:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    recyclage

    Qu attendons nous pour faire quelque chose? il y a bien un marché à faire pour ramasser ça et recycler ces matières

Les derniers commentaires

  • Jean-Marc le 27.11.2017 11:32 Report dénoncer ce commentaire

    C'est un problème de logistique

    A tous ceux qui pensent que le respect pour notre planète serait la solution à ce problème, essayez de vous imaginer quelle serait votre vie dans un pays ou on vous distribue la nourriture conditionnée avec des matériaux divers et qu'ensuite il manque une organisation de ramassage d'ordures. Si vous la brûlez vous-mêmes, vous créez encore plus de pollution. Si vous la stockez, alors vous infectez la flore et le sous-sol... Tant qu'il n'y aura pas de système de ramassage d'ordure, ces habitants utiliseront les rivières pour dégager tout ça. On faisait bien comme ça à Genève jusqu'en 1900...

  • Claude François le 26.11.2017 11:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les déchets des nations .

    Tous d'accord pour les milliards de la lune, mais aucun état pour payer le nettoyage de la planète.

  • Heidi le 26.11.2017 00:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Homo sapiens ???

    Un monde habité de 8 milliards de crétins... dommage pour la planète, on a gâché un paradis.

    • Dann le 26.11.2017 08:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Heidi

      8 milliards moins 1, toi.

  • Plus de blablabla des actions le 25.11.2017 22:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Solution ?

    Faisons de ces déchets une matière première. Avec une usine de tri/recyclage flottante. Les déchets seraient triés dans des barges pour être recyclés selon leur type, similaires à ce qui ferait une installation moderne sur le continent. Le tout alimenté une énergie verte (solaire, éolienne, marée/hydro) éventuellement ce qui sont être éliminé par la combustion alimenterait la plateforme en énergie thermique pour peu que ça ne dégage par trop d'émissions. Si les déchets recyclés deviennent une matière première valorisée l'ensemble serait proche du rentable. Crowdfunding et GO ?

  • Paul54 le 25.11.2017 18:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ....

    Et si au lieu de se flageller on désignait aussi des pays comme l'Inde ou d'autres qui nous désignent comme pollueurs alors qu'ils non pas ou rarement de système de traitement des eaux et des déchets....et pourtant ils dépensent assez pour le nucléaire....pour envoyer des satellites dans l'espace....chez moi j'ai 5 poubelles différentes plus les piles....alors je dis STOP...cela suffit de nous culpabiliser comme pollueur de la planète....ce serait plutôt le contraire et c'est nous qui devrions leur demander des indemnités pour l'air pollué que ces pays émette...

    • phil le 25.11.2017 22:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Paul54

      et tout les produits que tu achètes... made in india, taïwan, china......... stop à ces blablabla.

    • Jean-Marc le 28.11.2017 14:41 Report dénoncer ce commentaire

      @phil

      Pardon phil, mais chacun est responsable de sa propre pollution. Selon vous il faudrait arrêter d'acheter des vêtements, des électroménagers, des vélos, des articles de sport pour éviter que les Chinois ne polluent pas? Chacun ses responsabilités! Votre manière d'agir est celle d'un parent envers son enfant dans le style "tu t'achètes trop de sucreries, donc je te coupe l'argent de poche!"