Fukushima

18 janvier 2020 17:37; Act: 18.01.2020 17:37 Print

Les animaux pullulent dans la zone d'exclusion

Une faune diversifiée et abondante s'épanouit au sein de la zone évacuée autour de la centrale nucléaire japonaise après la catastrophe de 2011.

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Près de 9 ans après la catastrophe de Fukushima, une équipe de scientifique de l'University of Georgia a réussi à capturer des images exceptionnelles sur lesquelles on peut voir de nombreux animaux dans la zone d’évacuation décrétée autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Pour rappel, trois réacteurs de la centrale avaient explosé le 11 mars 2011 à la suite d'un tremblement de terre suivi d'un tsunami. La catastrophe naturelle avait coûté la vie à plus de 20'000 personnes et 100'000 autres avaient dû être évacuées.

Un phénomène similaire avait déjà pu être observé après la catastrophe de Tchernobyl en 1986 en Ukraine. Malgré la forte radioactivité ambiante, les espèces animales semblent apprécier l'absence de présence humaine. La zone fantôme autour de Fukushima est toujours déserte à cause des radiations mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de vie dans la région.

Pour le besoin de leur étude, les chercheurs ont mis en place 106 pièges photographiques dans trois zones autour des réacteurs accidentés. La première zone est complètement interdite à tout être humain à cause du fort taux de radioactivité ambiant. Dans la seconde zone, les habitants ont le droit de venir pour une durée limitée tandis que dans la dernière il est possible d'habiter au vu du faible taux de radiations.

267'000 photos ont été prises en 120 jours. Au total, 20 espèces animales ont été identifiées, comme l' écrivent les chercheurs dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment. Parmi elles, on retrouve notamment des macaques japonais et des ratons laveurs. Mais l'animal qui a fait de Fukushima «son» territoire est le sanglier. Il a été photographié 46'000 fois au total, dont 26'000 fois dans la seule zone inhabitée.

Si les espèces ne semblent pas avoir subi de mutations physiques ou comportementales, les scientifiques ont observé une exception. Le saro du Japon, un mammifère ressemblant à une chèvre et qui se tient normalement à l'écart des humains sauf à Fukushima, mais il a été photographié plusieurs fois dans des zones rurales à proximité d'habitations. L'étude se demande si ce changement de comportement n'est pas lié à l'explosion du nombre de sangliers dans le secteur.

(gcc/cga)