Nature

04 janvier 2016 16:20; Act: 04.01.2016 16:36 Print

Les catastrophes tuent moins mais coûtent plus

Les demandes d'indemnisation consécutives à des catastrophes naturelles ont diminué en 2015 à 27 milliards de dollars (environ 27 milliards de francs)

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Dans son rapport annuel sur les catastrophes naturelles, le réassureur Munich Re, numéro un mondial du secteur, précise lundi que la diminution des coûts des catastrophes est notamment liée au phénomène climatique El Niño.

D'une ampleur exceptionnelle l'an dernier, celui-ci a contribué à limiter la formation d'ouragans dans l'Atlantique nord. Ces événements sont généralement à l'origine de demandes d'indemnisations particulièrement élevées.

Plus de décès qu'en 2014

Ce montant total de 27 milliards de dollars pour les demandes d'indemnisation l'an dernier est inférieur aux 31 milliards de dollars cumulés en 2014, ainsi qu'à la moyenne de 56 milliards de dollars sur dix ans, souligne Munich Re.

Selon les données présentées par Munich Re, les catastrophes naturelles ont fait 23'000 morts en 2015, avec de nombreuses victimes recensées lors du séisme du 25 avril au Népal. Ce bilan dépasse largement celui de 7700 morts recensés en 2014, mais reste bien en deçà de la moyenne décennale de 68'000.

Le coût total des dégâts consécutifs à des catastrophes naturelles s'est élevé à 90 milliards de dollars l'an dernier, contre 110 milliards en 2014 et 180 milliards en moyenne décennale.

Les réassureurs fournissent un soutien financier aux sociétés d'assurance, prenant en charge une partie des lourdes demandes d'indemnisation consécutive à des tempêtes ou des tremblements de terre en contrepartie d'une fraction des primes.

Perspectives incertaines

L'évolution à la baisse des demandes d'indemnisation profite au secteur de l'assurance, en soutenant les bénéfices. En revanche ce type d'évolution est moins favorable aux réassureurs, auprès desquels les assureurs tentent alors de renégocier les contrats à la baisse.

Le courtier en réassurance Willis Re a indiqué lundi que les prix des contrats de réassurance commençant en ce début d'année continuaient de reculer. «Les reconductions de janvier ont malheureusement battu en brèche les espoirs des observateurs que les prix aient atteint un plancher», a dit le directeur général du groupe, John Cavanagh.

Pour autant, il estime que le secteur pourrait profiter de l'initiative internationale visant à évaluer les risques garantis auxquels le réchauffement climatique expose les entreprises. Sans compter que Munich Re a prévenu que l'effet d'El Niño pourrait être inversé cette année et renforcer de l'activité des ouragans.

Dans son rapport, Munich Re a présenté seulement des chiffres globaux et non des données le concernant spécifiquement. Le réassureur doit présenter ses résultats annuels le 4 février.

(ats)