Abeilles

19 janvier 2014 10:38; Act: 19.01.2014 10:47 Print

Les mâles sont plus vulnérables à un parasite

Les abeilles mellifères mâles sont nettement plus vulnérables à un parasite de l'intestin que les femelles. La reproduction des colonies en subit les conséquences.

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Les scientifiques de la Faculté Vetsuisse de l'Université de Berne ont examiné des abeilles contaminées par le parasite intestinal Nosema ceranae, écrit l'université. Ils ont découvert que les abeilles mâles (faux-bourdons) infestées meurent beaucoup plus rapidement et se trouvent dans une constitution corporelle moins bonne que leurs homologues femelles, les travailleuses. L'équipe de chercheurs réunis autour de Geoffrey Williams et Peter Neumann considère cette situation comme inquiétante. La copulation fructueuse avec les reines pourrait se retrouver fortement diminuée si les mâles manquent de force et de vigueur, souligne la doctorante Gina Retschnig, citée dans le communiqué. Le sperme des faux-bourdons insuffisant en qualité et quantité pourrait représenter une cause possible des décès prématurés de reines. Les mauvaises performances des reines sont considérées dans des études actuelles comme l'une des principales raisons des pertes subies par les colonies d'abeilles.

Génétique en cause

La fragilité des mâles à l'égard du parasite est à attribuer à leur génétique. Ils sont haploïdes: ils ne possèdent qu'un simple jeu de chromosomes. Les deux castes femelles, les travailleuses et les reines, sont en revanche diploïdes. Elles disposent de deux copies de chaque chromosome. L'hypothèse «Haploid Susceptibility» affirme que les mâles haploïdes réagissent plus vulnérablement aux maladies que les femelles en raison de cette différence génétique. Chez les organismes diploïdes, les gènes dominants d'une copie de chromosome pourraient masquer des gènes mutés de la seconde copie. Le champignon microscopique Nosema ceranae vient à l'origine d'Asie, et s'est répandu en masse dans le monde entier ces dernières années. Il pourrait jouer un rôle dans les pertes importantes subies par les colonies d'abeilles, constatées dans nombre de régions. De nombreux scientifiques l'étudient actuellement plus précisément afin de mieux le comprendre.

La contribution des chercheurs bernois s'inscrit dans un projet international de l'Union européenne. Elle a été réalisée en collaboration avec l'Institut pour la santé des abeilles de l'Université de Berne, le centre de recherche sur les abeilles d'Agroscope et l'Institut écologique de l'Université suédoise pour l'agronomie.

(ats)