Thaïlande

14 janvier 2020 13:50; Act: 14.01.2020 17:38 Print

Un tigre chasse le plus grand bovin du monde

Un instant «très rare» a été capté dans une région protégée de l'est de la Thaïlande. En venant à bout d'un gaur, le roi des félins a eu à manger pour deux semaines.

Le tigre s'apprête à attaquer le gaur.
Sur ce sujet
Une faute?

Un tigre tournant, le nez ensanglanté, autour de sa victime, un gaur, le plus grand bovin du monde. La vidéo «très rare» a été captée dans une région protégée de l'est de la Thaïlande, dernier refuge pour de multiples félins menacés d'extinction.

«MKM8», un tigre mâle suivi par le Fonds mondial pour la nature (WWF) depuis 2014, a été filmé fin décembre par un piège photographique près de la carcasse du bovidé sauvage, couvert de griffures et de morsures à la gorge.

«Il est très rare de capter à la caméra un tigre tuant un gaur. Même pour cet animal, tuer un gaur n'est pas une tâche facile», a relevé Rungnapa Phoonjampa du WWF-Thaïlande.

En surveillant la carcasse, l'ONG a constaté que le félin avait pu se nourrir grâce à cette proie pendant deux semaines.

Il faut donc impérativement «faire progresser le nombre de grands ongulés» dans les zones d'habitat du tigre afin de lui offrir des quantités importantes de nourriture et l'aider à survivre, souligne l'organisation dans un communiqué.

Déforestation, braconnage: le nombre de tigres sauvages dans la région du Grand Mékong (Cambodge, Laos, Birmanie, Thaïlande et Vietnam) a chuté passant de 1'200 individus en 1998 à 250 aujourd'hui.

Un des derniers refuges pour les tigres

Le Dawna-Tenasserim, un territoire de 30'000 km2 à cheval entre la Thaïlande et la Birmanie, reste un de leurs derniers refuges: sur les 250 tigres du Grand Mékong, 180 à 220 y sont réfugiés, d'après le WWF.

La zone abrite d'autres espèces rares comme le chat doré asiatique et le chat léopard. Le WWF exhorte les autorités à appliquer un plan d'action pour protéger le Dawna-Tenasserim.

Il préconise une augmentation des investissements, un meilleur dialogue avec les populations locales, un renforcement des unités de protection des deux côtés de la frontière et une plus grande concertation pour atténuer les impacts négatifs des projets d'infrastructures tels que les routes.

(nxp/afp)