La crise de La Poste orchestrée en coulisse?

13 janvier 2010 08:59; Act: 13.01.2010 11:41 Print

«Aucune agence respectable ne fait de la diffamation»

par Thomas Piffaretti - La théorie du complot est désormais avancée pour expliquer la tourmente qui entoure le patron de La Poste Claude Béglé. Une parlementaire zurichoise aurait même été approchée par une société de communication qui aurait pu orchestrer la campagne. Un spécialiste des relations publiques décrypte la situation.

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La conseillère aux États zürichoise Verena Diener a jeté un nouveau pavé dans la marre de l’affaire Béglé. Plusieurs médias ont en effet relayé ses propos, mardi, dans lesquels elle affirme avoir été approchée par une société de communication qui voulait lui soutirer des informations négatives au sujet du président du conseil d’administration de La Poste, Claude Béglé.

Une société spécialisée se cache-t-elle derrière les remous qui secouent Claude Béglé et le géant jaune depuis plusieurs jours? Marc Comina, spécialiste des relations publiques et directeur de l’agence Farner pour la Suisse romande, nous livre son analyse.

20 minutes online: Pensez-vous qu’une agence de communication puisse être à l’origine de la crise que traversent La Poste et le président de son conseil d’administration Claude Béglé?
Marc Comina: Verena Diener rapporte certainement des faits avérés, mais je peux difficilement me prononcer sur la seule base d’informations de seconde main. Mais sur le principe, c’est scandaleux et contraire à toutes les règles de déontologie. Aucune agence respectable ne participe à des actions de diffamation – et la nôtre sous aucun prétexte.

Si la théorie du complot venait à se confirmer, comment jugeriez-vous de la stratégie adoptée par les détracteurs de Claude Béglé?
Vouloir déstabiliser Claudé Béglé en appelant des parlementaires pour les monter contre lui est une stratégie aussi bête que naïve, qui ne peut au final que renforcer le président de la Poste.

Il est toutefois au cœur d’une crise d’une ampleur importante?
Ce n’est pas une crise grave. Une dynamique s’est mise en route, certes, mais il s’agit d’un développement sans surprises. Nous vivons dans une société de communication, il est donc normal que les médias s’emballent. Ceux qui décident doivent cependant garder la tête froide et ne pas s’emballer à leur tour. Dans quelques jours ou quelques semaines, le calme reviendra.

Pour vous, Claude Béglé va se sortir de ce mauvais pas?
Je ne me fais pas trop de soucis pour lui. En tant que patron, il n’a fait aucune erreur qui pourrait le contraindre à démissionner. Il a lancé un débat qui doit avoir lieu maintenant, avant que La Poste ne soit dans les chiffres rouges. Quand un nouveau président arrive, soit il rentre dans le moule, soit il déplace les meubles tout de suite. Claude Béglé a choisi la seconde option. Dès lors, il est normal que ceux qui ne partagent pas ses vues quittent le conseil d’administration. L’emballage médiatique ne repose pas sur un vrai problème.

Quels conseils lui donneriez-vous?
Pour donner des conseils, il faut avoir tous les éléments en main, ce qui n’est pas mon cas. Il reste donc les grands principes de base : communiquer, ne donner que des informations dont on soit absolument sûr, et faire preuve de transparence. Certains éléments qui se discutent au conseil d’administration doivent par contre rester confidentiels, car la concurrence est présente. Il ne faut pas confondre confidentialité et rétention d’informations.

A contrario, quels conseils donneriez-vous à la société qui se cache derrière la campagne de déstabilisation, si toutefois elle existe?
Aucun. Je ne suis même pas prêt à commencer une réflexion dont l’objectif ultime serait de diffamer une personne ou une entreprise. C’est hors du champ des prestations de notre agence. Notre travail consiste à présenter un client sous son meilleur jour, pas à diffamer ses concurrents.