Accord cadre Suisse-UE

07 août 2016 08:30; Act: 08.08.2016 06:58 Print

«Blocher met en péril le bilatéralisme»

Si les Suisses devaient voter aujourd'hui sur un accord-cadre institutionnel avec l'UE, il aurait peu de chance d'être accepté, estime Didier Burkhalter.

storybild

Didier Burkhalter défend le principe d'un accord-cadre institutionnel (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

«Grâce à la campagne de M. Blocher, nous discutons à nouveau du contenu de cet accord», déclare Didier Burkhalter, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un entretien avec la NZZ am Sonntag. Il est convaincu que le débat va montrer que la seule solution pour sécuriser les bilatérales pour les générations futures est un accord-cadre.

Le stratège UDC et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher a lancé vendredi une campagne contre ce projet d'accord. Son comité contre une «adhésion insidieuse à l'UE» craint avant tout la reprise automatique de la législation européenne et la prévalence du droit européen sur le droit suisse.

Didier Burkhalter défend, lui, le principe d'un accord-cadre institutionnel. «Si nous avons accès au marché européen, nous ne pouvons pas utiliser notre propre législation, il faut les mêmes règles pour tous», relève-t-il. Et si celles-ci changent, il faut alors aussi adapter les lois suisses. «En combattant cet accord, Christoph Blocher met en péril le bilatéralisme».

Pour le ministre des affaires étrangères, la Suisse se trouve dans une situation relativement confortable car elle n'est pas en position de demandeur. L'UE souhaite négocier un accord-cadre institutionnel avec la Suisse depuis 2008, la Suisse n'a accepté qu'en 2014. Par ailleurs, il n'y a pour le moment aucun nouvel accord urgent côté suisse en matière d'accès au marché.

Un marathon, pas un 100 m

Si cela devait changer et que nous ayons subitement besoin d'un nouvel accord, l'Union européenne pourrait faire pression pour que la Suisse accepte d'abord l'accord-cadre. Berne se retrouverait elle-même en situation de demandeur et serait donc dans une position plus faible, conclut Didier Burkhalter.

Dans une interview au téléjournal de la RTS, le ministre des affaires étrangères avait utilisé vendredi une image olympique. «On est dans un marathon, pas dans un 100 mètres. Bon, on peut partir dans un marathon par un sprint comme ça semble être fait du côté UDC, c'est pas interdit. Mais il faut surtout arriver premier à la fin», a lancé Didier Burkhalter.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • La Manche le 07.08.2016 09:19 Report dénoncer ce commentaire

    Le conseille fédéral à bradé nos emplois

    Cette Europe "libre circulation" est néfaste pour le salarier résident," dumping salarial, perte d'emplois pour les anciens remplacés par des low-cost, pas de place pour le jeune qui arrive sur le marché du travail, baisse de salaire.....

  • Un Socialiste Qui Devient UDC le 07.08.2016 08:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tous aux urnes

    C'est votre politique sans caractère qui met les bilatérales en danger, presque dans tous les dossiers importants vous baissez les culottes! Vous devenez exactement comme les politiciens Français, déconnecté du peuple et c'est votre erreur!

  • La Loi le 07.08.2016 08:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Applique ce qu'on vote !

    Respectez déjà le vote du 9 février avant tout on respecte la décision du peuple. On vit en pleine dictature là c'est hallucinant ! Et ça va donner des leçons en Corée du Nord non mais on se fiche de qui ???!

Les derniers commentaires

  • Kib le 08.08.2016 21:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Peril ????

    En peril ? C'est plutot plueril cette remarque ! En peril de quoi ? mdr ..... Alors dans ce cas soyons en peril ..... Dans 10 ans il n'y aura plus d'europe qui elle va droit au peril ..... Une fois de plus la Suisse est en avance .....

  • MB le 08.08.2016 18:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Allez encore un petit tour de populisme

    Mais enfin quel est le problème de signer des accords avec notre principal partenaire commercial. L'Angleterre fera la même chose et voudra aussi obtenir un accord. Tout bon accord est une forme de compromis. C'est un donnant donnant. Mais évidemment le principe même de compromis n'est pas compatible avec un populisme de bon ton qui prône des solutions de facilité inapplicables. Nous sommes en Europe et commerçons avec l'Europe c'est l'intérêt suprême de la Suisse d'avoir des accords et un accord cadre qui règle notre cohabitation avec le reste de l'Europe.

  • Kib le 08.08.2016 11:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    UE ???

    Bilaterales , deja ... si il n'y avait pas un avantage pour l'UE .....cette derniere ne serait certainement pas a charge .....

  • Kib le 08.08.2016 03:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    CH !

    Bilaterales ??? c'est deja devoir baisser sa culotte .... Alors stop et vite !

  • Moveandbe le 07.08.2016 20:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas compatible avec la démocratie

    Les accords contraignants types omc ou UE ne sont pas compatibles avec la démocratie. A un moment faudra choisir qui gouverne le monde !