Enfant de 7 ans tué

01 avril 2019 16:19; Act: 01.04.2019 17:34 Print

«C'est une terroriste», déclare un imam bâlois

Un imam affirme en vidéo que la septuagénaire qui a tué un enfant de 7 ans à Bâle est une terroriste. Ses propos suscitent une vive polémique outre-Sarine.

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La femme de 75 ans qui a tué un garçon de 7 ans à coups de couteau jeudi 21 mars dernier à Bâle, n'était pas atteinte de maladie mentale, estime l'imam bâlois Ardian Elezi, «sinon elle aurait été dans un service psychiatrique. (...) C'est une terroriste, une criminelle». L'imam a tenu ces propos dans une vidéo tournée il y a quelques jours, lors de la cérémonie de recueillement en mémoire de l'enfant de 7 ans d'origine kosovare violemment poignardé alors qu'il rentrait de l'école, en mars dernier.

Troubles mentaux

De nationalité suisse et âgée de 75 ans, l'assaillante souffrirait de troubles mentaux, selon les enquêteurs, qui ont recouru à un examen psychiatrique. Ce qui remet en cause sa responsabilité pénale. Or pour l'imam Ardian Elezi, cela est «très problématique»: selon lui, la capacité de discernement de la vieille dame ne fait aucun doute.

«La terreur n'a pas de religion, la terreur n'a pas de nationalité, la terreur n'a pas de couleur de peau», déclare Ardian Elezi à son auditoire. «Cette personne est une terroriste», dit-il à propos de la Suissesse de 75 ans. Avant de demander: «Pourquoi est-elle dehors, et pas dans un établissement spécialisé, si elle est dangereuse pour les autres, pour la société?».

La vidéo d'Ardian Elezi est rapidement devenue le théâtre d'insultes et autres commentaires incitant à la haine. Interrogé par la BaslerZeitung, l'imam dit décliner toute responsabilité en la matière.

«Dénigrement primaire»

Pour la spécialiste de l'islam Saïda Keller-Messahli, ces déclarations s'apparentent à un «dénigrement et une représentation primaires». Selon elle, l'imam essayerait de capitaliser sur la mort du petit garçon: «l'instrumentalisation de la tragédie lui permet de donner un air inoffensif à ses opinions radicales», a-t-elle déclaré à nos confrères de 20 Minuten.

De son côté, Farhad Afshar, président de la Coordination des Organisations Islamiques de Suisse (KIOS) estime qu'un acte terroriste présuppose que l'on répande délibérément la peur par l'inhumanité. «Il faudra donc déterminer si la femme supposément instable a véritablement choisi de tuer un enfant au hasard, ou si elle a délibérément voulu tuer un enfant qui avait l'air musulman et étranger», a-t-il déclaré.

Ce n'est pas la première fois que des déclarations publiques d'Ardian Elezi suscitent la polémique. Par le passé, l'imam de 28 ans s'était déjà fait remarquer par des allocutions méprisantes à l'égard des homosexuels et des nageurs en bikini. Il est actuellement sous surveillance accrue des services bâlois de lutte contre la radicalisation.

(jd/lph)