Suisse

11 janvier 2016 13:17; Act: 11.01.2016 16:44 Print

«Ces départs ne tombent pas au mauvais moment»

par Daniel Waldmeier/dmz - Toni Brunner, président du parti, et Chrtistoph Blocher, vice-président, ont annoncé quitter leurs postes à la direction. Analyse.

storybild

Toni Brunner (à gauche) et Christoph Blocher (au centre) s'en vont. Albert Rösti (à droite) est proposé pour reprendre la présidence. (Photo: Keystone/Gian Ehrenzeller)

Sur ce sujet
Une faute?

Ce week-end a été celui des surprises dans les rangs de l'UDC. Le président Toni Brunner, deux vice-présidents, les Zurichois Christoph Blocher et Walter Frey, ainsi que le secrétaire du parti remettent leur mandat fin avril.

Que cachent ces décisions? Toni Brunner l'a dit, il veut se concentrer sur son travail de conseiller national, la gestion de sa ferme et «peut-être avoir un peu de temps libre». Christoph Blocher lui, s'il admet une certaine fatigue, ne compte pas quitter la politique. Il veut se «rapprocher du peuple» et s'atteler aux tâches qui lui tiennent à cœur, comme la défense des initiatives lancées par son parti. L'Europe ou l'immigration resteront ses chevaux de bataille. Ces départs en masse ne cachent-ils toutefois pas autre chose? Deux politologues livrent leur analyse.

L'UDC vit-elle une crise?

Pas vraiment, si on en croit Andreas Ladner, de l'Université de Lausanne. «Renouveler la direction du parti après un succès électoral et la restauration de la concordance ne tombe pas à un moment inopportun. Les postes de décideurs ne doivent pas être bloqués pour l'éternité. Sinon, le parti risque le vieillissement.» Reste que Christoph Blocher déclarait dimanche à l'ats «qu'il ne veut plus rester vice-président avec la structure de parti actuelle.» En attendant, Toni Brunner et Albert Rösti, candidat proposé par le parti pour reprendre la présidence, souhaiteraient qu'il reste.

Albert Rösti est-il la bonne personne?

Une fois le départ de Toni Brunner annoncé, la couleur était annoncée. Le Saint-Gallois et son mentor zurichois ont une préférence pour le Bernois Albert Rösti, digne représentant de l'aile dure du parti. Pour le consultant en politique Mark Balsiger, il «tranche avec les origines paysannes et la bonhomie de Toni Brunner, mais il a la tête sur les épaules.» Par ailleurs, le fait que l'UDC, contrairement au PDC et au PLR, ait déjà un candidat, et la preuve d'une planification minutieuse.

Les modérés du parti apprécieront-ils son style?

Pour Mark Balsiger, «Albert Rösti n'a pas d'ennemi, même chez les plus à gauche. Il est moins teigneux que Toni Brunner et capable d'avoir un ton plus doux.» Il ne modifiera semble-t-il toutefois pas les lignes directrices du parti, estime le spécialiste. Et Albert Rösti l'a déjà dit lui-même: «L'électorat juge avant tout un parti au contenu qu'il propose.»

Peut-on craindre un effondrement de l'UDC?

Selon Andreas Ladner, il est clair qu'il ne sera pas facile de remplacer le duo Blocher-Brunner. «La question est de savoir si Rösti saura se faire apprécier. Mais un président peut aussi gagner du pouvoir lorsqu'il est en place.» Pour sa part, Mark Balsiger estime que la pression est sur les épaules d'Albert Rösti: «Si l'UDC se prend une claque en 2019, c'est lui qui en portera la responsabilité.»

Pourquoi ne pas avoir proposé quelqu'un de moins lisse?

Les spécialistes estiment que Roger Köppel, le rédacteur en chef de la Weltwoche ou Magdalena Martullo-Blocher, la fille de Christoph, sont certes plus agressifs politiquement, mais manquent d'expérience. «Roger Köppel n'a par ailleurs pas que des amis au sein de l'UDC, car il a une posture très intellectuelle», renchérit Mark Balsiger. Pour Andreas Ladner, la solution Rösti est la meilleure: «Ce docteur en agronomie saura unir les paysans et les universitaires du parti.»

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Jean Luc le 11.01.2016 14:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça bouge

    Ça montre le dynamisme de ce parti, plutôt que de commenter le renouvellement de l'UDC de manière negative ce matin à la radio, le PS devrait songer à changer Levrat, car venir annoncet que la priorité du PS était l'UE, il faut quand même le faire.... la priorité, c'est la Suisse!!!

  • Kobalt le 11.01.2016 14:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans blague ?

    Tedieu la fine analyse politologique ! Bien sûr que l'UDC a bien calculé le timing ! Renouveler la direction d'un parti alors qu'il vole de succès en succès, au lieu de devoir attendre la dégringolade et la sanction des urnes pour se remettre en question, est une preuve d'une intelligence politique et d'un sens tactique certains. De même quand la "figure historique" du dit parti se retire - en douceur et en restant dans la politique -, au lieu de s'accrocher à tout prix à son fauteuil. La comparaison des faits et gestes des deux meilleurs ennemis que sont l'UDC et le PS laisse songeur ; le premier reste sur de beaux succès électoraux, change et renouvelle sa direction , le second reste sur des résultats très mitigés et...ne change rien. Les caciques du parti restent inamovibles. L'avenir dira, entre la politique de "changement dans la continuité" des rustres agrariens - pour rester dans la caricature donnée d'eux par leurs adversaires - et celle de "conserver la ligne du parti à tout prix" des universitaires bobos gauchos - idem -, laquelle est la meilleure.

  • Jack le 11.01.2016 16:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive l'UDC !

    Avec ou sans, l'UDC reste une valeur sûre dans le petit monde politique de la Suisse. Et heureusement que nous les avons, car sinon je n'ose même pas imaginer où nous en serions !

Les derniers commentaires

  • Ludwig Van le 11.01.2016 23:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ach, eine Kartoffeln

    Docteur en Röstis.....ça c'est sympa....et il a la gueule du vrai suisse allemand pur et dur....même sur la photo...on entend sons accent !

  • Marcel le 11.01.2016 23:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aucun regret de ces départs.

    On va regretter ni l'un ni l'autre.

  • Jack le 11.01.2016 16:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive l'UDC !

    Avec ou sans, l'UDC reste une valeur sûre dans le petit monde politique de la Suisse. Et heureusement que nous les avons, car sinon je n'ose même pas imaginer où nous en serions !

  • L ' Ami le 11.01.2016 15:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je comprends tes soucis , ah ah ah ah

    A marc Valais . Ton stress c est de fermer ta boite ? tu peux fermer a part toi comme suisse qui sera au chomage , tes collabo. retournent dans leur pays.

    • Johnny le 11.01.2016 17:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @L ' Ami

      Tellement vrai :-) D'ailleurs, avec ses insultes permanentes dans ses commentaires, il ne fait pas de la bonne pub pour son canton !

  • Melac GROUMIRAS le 11.01.2016 14:49 Report dénoncer ce commentaire

    En avant avec l'UDC

    Certains voient déjà l'UDC moribonde ! Ils se trompent car elle est plus forte que jamais et à l'avenir ira de victoire en victoire à commencer par le 28 février 2016 !

    • Iskar le 11.01.2016 23:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Obéissons

      Hei!