Suisse

31 mars 2015 10:20; Act: 31.03.2015 14:04 Print

«Ces jeunes sont totalement inconscients»

Les «roofers» sont des personnes qui cherchent des sensations fortes en grimpant sur des tours et des grues. Un comportement irresponsable et dangereux, dénoncent des experts.

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R.S., un ado de 15 ans, a récemment fait parler de lui après avoir escaladé illégalement une grue de 135 mètres de haut, installée sur le chantier Swissmill, à Zurich. En décembre 2014, il avait déjà grimpé au sommet de la tour Roche à Bâle. R.S. se considère comme un «roofer», soit une personne qui escalade des bâtiments et des structures de toute sorte à la recherche d'une poussée d'adrénaline.

Ce phénomène, qui gagnerait du terrain en Suisse selon les dires de R.S., énerve au plus haut point les entreprises de construction telles qu'Implenia, qui gère le chantier Swissmill de Zurich: «Le chantier respecte toutes les normes de sécurité. Il est délimité par un grillage et fermé au public. Des employés d'une agence de sécurité patrouillent sur le site en dehors des horaires de travail», affirme le porte-parole Philippe Bircher. Des vérifications seront néanmoins effectuées pour déterminer si les mesures de sécurité actuelles sont suffisantes. Il rappelle par ailleurs que toute personne qui se rend de manière illégale sur le chantier est punissable.

Exclusion de responsabilité pour les firmes

Même son de cloche auprès de la société suisse des entrepreneurs: «Cet adolescent agit de manière inconsciente et dangereuse. Il se met en danger ainsi que d'autres personnes. Heureusement que ce type de comportements reste encore marginal en Suisse», note le vice-directeur Heinrich Bütikofer. Celui-ci précise que les entreprises de construction bénéficient d'une «exclusion de responsabilité» en cas d'accident, à condition que les firmes aient pris les dispositions nécessaires en matière de sécurité.

Contactée, la Suva explique qu'une chute peut être interprétée de différentes manières par les assurances. «Il s'agit notamment de déterminer si l'accidenté a agi de manière négligente ou pas. Si tel est le cas, l'assuré doit s'attendre à des sanctions», explique le porte-parole Serkan Isik. «Mais dans ce cas précis, on peut même parler de risques inconsidérés. Les indemnités peuvent ici être réduites de moitié.»

Le Bureau de prévention des accidents condamne lui aussi ce type d'actions. «Les «roofers» mettent leur vie en danger. Nous déconseillons à tous les jeunes de s'adonner à ce type d'activité», avait affirmé en septembre dernier le porte-parole Rolf Moning après qu'un jeune s'était amusé à escalader l'antenne de Sottens (VD).

(fro/ofu)