Allemagne

16 octobre 2019 14:46; Act: 16.10.2019 16:03 Print

«Des bêtes agonisent» pour un laboratoire suisse

Le laboratoire nord-allemand LPT effectue des expériences cruelles sur des chiens, des chats et des singes. L'un de ses clients est la société suisse de biotechnologie Inthera.

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Une enquête menée par SOKO Tierschutz und Cruelty Free International montre les expériences cruelles menées sur des animaux par le laboratoire LPT à Mienenbüttel, près de Hambourg (All). Comme le rapporte l’émission «Kassensturz» de la SRF, la société suisse Inthera Bioscience AG est l'un des clients du labo allemand.

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Entre décembre 2018 et mars 2019, un enquêteur a documenté la manière dont les animaux étaient traités chez LPT. Il a filmé des chiens saignant abondamment après qu'on leur ait enfoncé des tubes et des capsules dans la gorge. Le but de l'expérience? Trouver le dosage qui provoque des effets secondaires graves, voire la mort. Une vidéo publiée par SOKO Tierschutz sur YouTube montre la souffrance de ces toutous qui ont effectivement fini par mourir, faute de soins.

«C’est choquant de voir ces chiens mourir en baignant dans leur propre sang», s'insurge Friedrich Mülln, porte-parole de SOKO.

Les animaux battus

Les singes, quant à eux, vivent dans de petites cages et souffrent de stress. Leur habitat n'est d'ailleurs pas conforme aux exigences allemandes. Il sont également maltraités. Dans la vidéo publiée sur YouTube, on y voit un employé fracasser un singe contre le bord d'une porte. Selon un autre employé, s’opposer à de tels traitements semble vain. Il raconte avoir tenté de calmer le jeu, mais ses employeurs ne l’ont pas écouté.

Concernant les personnes travaillant dans le labo, il n'y aurait apparemment qu'un seul gardien d'animaux formé parmi les nombreux collaborateurs. Les autres ont une formation de boucher, de mécanicien ou... de musicien.

Les animaux doivent par ailleurs endurer des voyages souvent longs avant d'arriver au laboratoire. Les chats viennent d'Espagne, les chiens des Etats-Unis et les singes de Chine. Et la plupart des recherches menées entraînent la mort des bêtes, dont les cadavres finissent ensuite dans des sacs poubelle.

Inthera arrête de coopérer

«Les animaux doivent être euthanasiés à temps. Avant qu’ils ne se retrouvent en trop mauvaise santé. On ne peut pas les laisser agoniser ainsi», réagit Julika Fitzi, responsable des services spécialisés auprès de la Protection Suisse des Animaux à la SRF.

Inthera Bioscience n'a pas voulu commenter les accusations portées contre le laboratoire allemand. Néanmoins la société a fini par déclarer: «Tant qu'on n'aura pas une idée claire des faits, l'entreprise ne s'engagera pas davantage dans une coopération avec le prestataire mentionné.»

(kle/vsm)