Zurich

05 avril 2019 09:25; Act: 06.04.2019 07:20 Print

«Elle a résisté, alors je l'ai jetée sur les rails»

L'un des agresseurs d'une femme de 38 ans, tabassée par 5 ados samedi soir à la gare d'Embrach (ZH), donne sa version des faits.

storybild

La gare d'Embrach où s'est déroulé le passage à tabac. (Photo: Google street view)

Une faute?

On s'en souvient: une femme de 38 ans s'est retrouvée samedi soir à l'hôpital après être intervenue face à une bande de jeunes, connue dans la région, et qui vandalisait un distributeur automatique à la gare d'Embrach (ZH). Les ados âgés de 15 à 18 ans s'en sont pris à elle à coups de pieds et de poings et l'ont jetée sur la voie ferrée, lui brisant 6 côtes, lui déchirant un poumon et la couvrant d'hématomes. L'un d'eux donne vendredi sa version des faits dans le «Blick».

Il s'agit de Hatem, 17 ans. C'est lui qui a poussé la victime sur les rails. S'il ne nie pas son geste, il affirme avoir agi par légitime défense. «C'est la femme qui a commencé à nous agresser», dit-il. «Elle est sortie de nulle part» et a attaqué sa copine, selon lui. «J'ai dû intervenir pour la protéger!» Il indique encore que la trentenaire aurait attrapé une des filles par le cou et l'aurait frappée d'un coup de genou entre les jambes.

«C'est elle qui a commencé»

Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à balancer la femme sur la voie ferrée, Hatem est nettement plus flou: «Je l'ai attrapée pour la calmer, elle a résisté, alors je l'ai jetée sur les rails.» Mais il réaffirme que «c'est elle qui a commencé, pas nous». Il se dit quand même désolé de la gravité des blessures de la victime.

Un autre membre de la bande, Paolo, 16 ans, abonde dans son sens. Lui aussi raconte que c'est la trentenaire qui a lancé les hostilités. «Elle nous a crié après de l'autre côté du quai et s'est approchée de manière agressive. Elle avait les pupilles dilatées et on aurait dit qu'elle était défoncée», explique-t-il.

«Aucune pitié»

En revanche, du côté de la victime, la version des faits n'est pas du tout la même. Selon elle, elle était en train de choisir une friandise au distributeur Selecta quand l'aliment s'est coincé dans la machine. C'est à ce moment-là que les jeunes ont commencé à donner des coups de pied dans l'appareil, selon elle. «Je leur ai dit d'arrêter et la discussion s'est envenimée.» Les filles seraient devenues violentes, le ton est monté, et l'un des garçons lui aurait alors donné un coup de poing au visage.

Elle a ensuite été passée à tabac et a dû elle-même quitter la voie ferrée. Et elle est formelle: Hatem «n'a montré aucune pitié, cela se voyait dans ses yeux». En outre, elle reproche à ses agresseurs d'avoir été lâches: après l'attaque, les cinq jeunes se sont en effet enfuis, la laissant seule et blessée.

(cht)