Affaire de La Poste

07 juillet 2018 07:57; Act: 07.07.2018 08:55 Print

«Il faut dépolitiser les firmes proches de l'Etat»

Après le scandale des subventions qui secoue CarPostal et La Poste, le chef du PDC estime que les présidences d'administration des grosses sociétés doivent être sans couleur politique.

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(Photo: Keystone)

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Les présidences d'administration d'entreprises proches de l'Etat devraient être dépolitisées, plaide samedi le chef du PDC Gerhard Pfister dans le Tages-Anzeiger. Et ce notamment pour éviter des répercussions négatives sur le parti qui serait concerné.

En toile de fond de cette prise de position, le scandale des subventions qui secoue CarPostal et La Poste. Celle-ci est en effet présidée par le PDC Urs Schwaller et est sous supervision de la conseillère fédérale Doris Leuthard, issue des mêmes rangs politiques. Dans ce genre de cas, il y a toujours un peu de méfiance qui reste envers les dirigeants, ce qui a des conséquences pour le parti représenté, explique Gerhard Pfister. «L'affaire de La Poste m'a conduit à la conclusion que les présidences d'administration des entreprises proches de l'Etat devaient être dépolitisées.»

Le conseiller national zougois, âgé de 55 ans, ne va toutefois pas jusqu'à dire qu'il faille retirer complètement les politiciens des conseils administratifs. Car un politicien n'est pas, de par son engagement politique, incapable d'endosser une telle fonction, souligne-t-il.

Pas de manoeuvre PDC

L'élu parlementaire refuse en tout cas de voir une manoeuvre démocrate-chrétienne dans le scandale de La Poste. D'ailleurs lors des phases décisives de l'affaire, ce n'était pas un PDC aux commandes, explique-t-il, faisant référence au libéral-radical Peter Hasler, prédécesseur d'Urs Schwaller. Ce dernier fait du bon travail de gestion de crise, défend encore Gerhard Pfister.

Mais le conseiller national exige aussi plus de transparence de la part du Conseil d'administration que préside justement Urs Schwaller. Même si le panel a certaines limites d'un point de vue juridique, il est problématique qu'une grande partie des enquêtes soit caviardée. «J'ai l'impression que certains membres du conseil d'administration essaient actuellement de rejeter la faute sur leurs subordonnés.»

La Commission de gestion du parlement devrait faire savoir rapidement si elle est en mesure de clarifier cette affaire qui pèse des dizaines de millions de francs. Sinon, il faudra faire appel à une commission d'enquête parlementaire, prévient le Zougois.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Oly le 07.07.2018 09:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!

    Ça serait le moment! De plus, d'arrêter par la même occasion les parachutes dorés de plusieurs millions... Ça dégoûte!

  • chalouve le 07.07.2018 09:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    notre argent

    ça, et une indexation des salariés selon la grille étatique. Une entreprise qui reçoit des subventions publiques ne devrait pas avoir un patron payé d'avantage qu'un conseiller fédéral !

  • Carly le 07.07.2018 09:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui

    Pour les assurances aussi il serait bien de les dépolitiser

Les derniers commentaires

  • ricochet le 10.07.2018 03:37 Report dénoncer ce commentaire

    Besoin de glasnost à Berne

    Exiger un minimum de transparence est une évidence et évitera aux CA des régies de devoir caviarder les rapports d'enquêtes. Cette exigence est aussi applicable au Conseil fédéral qui nomme les membres de ces CA dans des conditions totalement obscures. De plus, c'est lui (CF) qui désigne les représentants aux AG de ces SA dont la Confédération est actionnaire. Il y a une loi sur les SA et une initiative Minder qui permettent de contrôler ces dirigeants plus habiles à fuir leurs responsabilité qu'à les assumer.

  • Jean-Jacques Rousseau le 08.07.2018 18:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    BRAVO LA LIBÉRALISATION, on l'a toujours dit

    Les EX régies de la confédération et des cantons, sorties avec mille peines du giron de la fonction publique, pour que d'abord les plus rentables (pour que les gains rapportent bien plus aux petits copains), ainsi goulûment avalées par des groupes financiers. Biens souvent ces "SA" improvisées tenant avec deux clous et une ficelle sur le point de vue comptable... n'avaient qu'un seul but, produire un paquet de fric monumental en un minimum de temps (regardez Car Postal)... Et des audits devraient aussi être solidement effectués aux CFF. Des cadavres comptables sortiraient sans doutes des placards. Cessez ces chimagries entourées de secrets de polichinelle. Alors oui, dépolitiser les firmes proches de l'état et en interdire toute privatisation, il faudrait même faire voter le peuple pour l'ancrer dans dans la constitution.

    • Jean-Marc Cousin, Yverdon. le 09.07.2018 14:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean-Jacques Rousseau

      J'ai absolument le même angle de vue que vous sur la question. Élémentaire mon cher Watson !

  • Titi le 08.07.2018 13:41 Report dénoncer ce commentaire

    Hypocrisie

    Sans couleur politique mais toujours francs-maçons oblige.

  • Terre à terre le 08.07.2018 12:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Politiciens hors phase

    Faudrait déjà interdire nos politiques d'être dans les conseils d'administration. Ils gagnent déjà trop bien leur vie pour les lubies et inepties qu'ils racontent. D'autant plus qu'ils ne sont pas dans les réalités de ce que vit le peuple, tous les jours. Alors déjà qu'ils racontent souvent n'importe quoi et qu'ils vivent dans un autre monde, mais qu'est-ce qu'ils vont encore faire dans des conseils d'administration où ils donnent des lignes directrices à l'ouest? Qu'ils laissent cela à des personnes compétentes, point barre!

    • Patrick Martin le 09.07.2018 09:13 Report dénoncer ce commentaire

      Pas les mêmes valeurs

      C'est vrai qu'avec un salaire de 15'000.- et plus, c'est insignifiant une augmentation d'une taxe ou de 20.- l'assurance maladie. Pour eux, c'est l'équivalent de 5 ou 2.- pour nous

  • Josephine le 08.07.2018 10:09 Report dénoncer ce commentaire

    Stop libéralisme

    En plus de dépolitiser, il faut redonner à ces entreprises, Poste, CFF , RUAG , Swisscom, même Nestlé s americanise, donner la direction a des gens qui ont commencé tout en bas comme c était encore le cas il y a 30 ans ou 40 ans , et non plus a des gens qui sortent d écoles de management à travers le monde et sans aucunes cultures de l entreprise qui les embauche , ils ne sont là que un temps pour faire du chiffre uniquement , se farcir de gros salaire et ensuite ils vont voir ailleurs il n y a plusieurs d humanisme

    • Dann le 08.07.2018 12:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Josephine

      C'est exact. Les preuves sont faites en mettant des politiciens incapables de planter un clou, à la tête de grandes entreprises. Pour exemple, le Swatch Group n'aura jamais un politicien dans sa direction. Si ça devait être le cas, on ne donnerait pas une année à ce groupe horloger pour tomber en faillite. Un politicien ne doit jamais être mêlé à des travailleurs ni à des entrepreneurs. Débâcle annoncée.