Suisse

23 janvier 2017 16:07; Act: 23.01.2017 16:30 Print

«Il faut favoriser l'accès des réfugiés aux études»

L'accès aux études est actuellement très compliqué pour les réfugiés. L'Union des étudiants de Suisse souhaite des modifications.

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L'UNES inclut dans ses revendications une hausse des bourses. (Photo: Keystone)

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L'Union des étudiants de Suisse(UNES) réclame que l'accès aux études universitaires pour les réfugiés soit amélioré en Suisse. Exigences linguistiques, examens d'entrée à l'université, orientation lacunaire: nombreux sont les obstacles à lever.

«L'accès à l'éducation est un droit», a déclaré lundi devant la presse à Zurich Gabriela Lüthi, membre de la direction de l'UNES. Les études doivent être accessibles à toute personne en ayant les capacités, a formulé la faîtière des étudiants suisses dans son papier de position.

«Il y a une image fausse du réfugié peu qualifié», a déclaré Martina von Arx, responsable de projet. Il y a une demande pour étudier ou reprendre des études universitaires interrompues par la guerre: «Plusieurs centaines de personnes sont concernées» en Suisse.

Embûches linguistiques

Mais l'accès aux études est une voie pavée d'embûches pour les réfugiés. L'UNES évoque une barrière linguistique qui se dresse entre les réfugiés et l'université. Les hautes écoles demandent aux étrangers non membres de l'UE un niveau linguistique C1 comme critère d'admission, alors que les Suisses sont admis dans des universités d'une autre région linguistique avec leur maturité, d'un niveau linguistique équivalant à un niveau B1 ou B2, selon l'UNES.

L'examen d'équivalence à la maturité ECUS pour accéder à l'université représente un autre obstacle. Jusqu'en 2011, la Confédération finançait les cours préparant à cet examen, qui permet aux personnes dont la maturité n'est pas reconnue en Suisse d'accéder aux études universitaires.

Meilleure coordination

Depuis, l'enseignement préparatoire à l'ECUS est assuré par des privés, et la facture peut grimper jusqu'à 20'000 francs, un montant inaccessible pour les réfugiés, souligne l'UNES.

Concernant le financement des études, l'UNES inclut dans ses revendications une hausse des bourses, afin qu'elles «puissent couvrir tous les coûts réels de la vie». En outre, les réfugiés admis à titre provisoire devraient pouvoir bénéficier des bourses, «car ces personnes resteront manifestement en Suisse sur le long terme», a indiqué Martina von Arx.

Il faudrait également améliorer la coordination entre les différents acteurs de l'asile. Par exemple, la Confédération devrait regarder le critère linguistique: l'attribution d'un réfugié francophone à un canton alémanique n'a aucun sens dans la perspective d'études universitaires.

Des programmes d'auditeurs libres

Depuis 2015, les universités ont admis le principe d'accueillir des réfugiés. Certaines leur proposent des cours en tant qu'auditeurs libres. Cet enseignement est gratuit pour les réfugiés étudiants. Ces programmes existent par exemple à l'Université de Zurich ou de Genève.

Le recteur de l'institution zurichoise, Michael Hengartner, a salué les revendications concrètes et encourageantes de l'UNES. «Il faut faciliter l'accès aux études pour une intégration durable des réfugiés en Suisse», a-t-il conclu.

A l'Université de Genève, le programme «Horizon académique» accueille 35 participants depuis l'automne 2016, a indiqué Mathieu Crettenand responsable du projet. Ce sont les autorités cantonales de l'asile qui se chargent des frais.

Ces deux semestres proposés aux réfugiés comme auditeurs libres ne sont pas en contradiction avec l'amélioration de l'accès aux études. «Nous avons construit ce programme comme une année de préparation, ce n'est pas une mesure d'occupation», a indiqué Mathieu Crettenand. «Ces projets sont bons et favorisent notamment l'éducation linguistique» a réagi pour sa part Gabriela Lüthi. «Mais ils ne suffisent pas», a-t-elle conclu en réaffirmant les revendications de l'UNES pour aplanir les obstacles administratifs.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Hemard Jean le 23.01.2017 16:32 Report dénoncer ce commentaire

    Vaut mieux être réfugié que Suisse

    En priorité chez Adecco, priorité pour les logements, permis de conduire "offerts" et maintenant les études. Sérieux les gens, dans 2 ans je quitte la Suisse et reviens en tant que réfugié c'est la belle vie!

  • Un Lecteur le 23.01.2017 16:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un poids, deux mesures

    Tout ça est très louable mais il y a beaucoup d'étudiants suisses qui n'obtiennent pas de bourses où dont les coûts pour des formations post grade ne peuvent pas être totalement déduits des impôts.

  • Julien le 23.01.2017 16:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ras le bol

    Quand la Suisse pensera une fois à son propre peuple, on pourra voir pour les autres...

Les derniers commentaires

  • Jean le 24.01.2017 22:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exaspéré du manque d'humanité

    Impressionnant comme dès qu'on parle des étrangers e Suisye les gens se rétractent, l'estrême droite en force. Je suis d'accord que cela puisse choquer et que la plus part des gens ne comprennent pas cette proposition je pense aussi que cela est légèrement abusif, mais il y a des choses tellement plus absurdes que personnes ne pointe du doigt comme par exemple la construction d'un nouveau stade de foot pour plus de 75 millions et ça vous croyez que c'est qui qui paie ? Le bon dieux et bah non c'est aussi nos impôts mais ça ne choque pas autant de monde étonnement et je trouve ca bien triste car en Suisse tout ce qui touche au étrangers et migrants est très mal vu alors que ces gens ne viennent pas ici par plaisir, s'ils avaient une belle vie chez eux ils ne feraient pas des milliers de kilomètres pour essayer de vivre sans crainte de se faire tuer par une bombe ou des puissances économiques qui en veulent à leurs ressources naturelles... Car oui ces gens se font envahir contre leur gré à defaut de ne pas pouvoir se défendre face à des puissances mondiales qui ne se dérangent pas de massacrer des population entières pour arriver à leur fins mais ça la majorité du peuple Suisse ne s'y intéresse pas notre petit confort personnel est bien plus important que celui des plus démunis bienvenu en 2017 où tout le monde ne pense qu'à sa petite personne le jour où vous vivrez dans des situations similaires aux leurs peut-être que vous comprendrez leur démarche de trouver un pays qui les accueillent sans les dévaloriser... Ne les mettez pas tous dans le même paniers beaucoup de ces gens sont la pour s'intégrer normalement, ils ne demandent qu'à travailler comme tout le monde, ils seraient même ravis de pouvoir payer des impôts dans notre pays et participer à l'économie du pays qui les à accueillis... Arrêtez de croire que ces gens sont tous là uniquement pour profiter de la société.

  • chalouve le 24.01.2017 21:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    compromis

    une année d'uni sans bourse ça coûte environ 100000.- par élève pour nos impôts... Alors oui il faut aider, oui leur donner des cours FLI (français langue d'intégration) c'est important, mais faut peut-être pas pousser. Je rappelle qu'ils sont sensés repartir dans leur pays quand il n'y a plus de risques. Alors soit ils se débrouillent pour payer leurs cours de hautes écoles, soit ils signent pour faire 3-5 ans civiliste à la fin de leurs études pour rembourser leur dette avant de partir.

  • Roberto le 24.01.2017 17:52 Report dénoncer ce commentaire

    Foutage de g...

    Génial, et les Suisses ou les résidents de longue date ont les favorisent? En Suisse, il vaut mieux être issu du famille de nantis pour faire des études, ça vous permets de vous mettre à l'abris de pas mal d'aléas qui sont très difficiles à supporter pour la classe moyenne. L'armée obligatoire est aussi clairement un handicape. Mais là le foutage de gueule pass à la vitesse supérieure.

  • Hervé le 24.01.2017 12:26 Report dénoncer ce commentaire

    Un droit?

    Mais c'est quoi le problème des intellectuels d'aujourd'hui ?! L'accès aux études est une commodité, aussi étrange que ça puisse faire à des cerveaux peu habitués à réfléchir. C'est un privilège crée pas les sociétés, rien de plus. L'accès aux études n'existe que parce les citoyens payent des impôts pour le financer. Pas dimpôts, pas d'accès aux études. Point. Alors occupez-vous de ceux qui payent les impôts et avalez votre arrogance une bonne fois pour toutes.

  • le mécréant le 24.01.2017 08:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Suisse en 1er

    A quand un Trump en Suisse?