Jumeaux refusés d'une garderie

14 novembre 2019 08:59; Act: 14.11.2019 08:59 Print

«Tout est basé sur un malentendu»

Deux garçons de 3 ans et demi n'avaient pas été acceptés par un jardin d'enfants en raison de la sexualité de leurs parents. La responsable de l'établissement s'en défend...

storybild

Rafael et Rahul sont privés de garderie. (Photo: DR)

Sur ce sujet
Une faute?

L'histoire de ces jumeaux d'un couple gay, refusés par une garderie de Lenzburg (AG) en raison de la sexualité de leurs parents, avait provoqué l'indignation dans toute la Suisse. «La responsable a dit que les petits pouvaient être très méchants entre eux, c'est pourquoi elle ne voulait pas accueillir d'enfants d'un couple gay», avait témoigné l'un des pères des jumeaux au début du mois.

Interviewée par l'«Aargauer Zeitung», la directrice de l'établissement a souhaité donner sa version des faits, après dix jours de silence. «Au début, on m'a conseillé de ne pas parler à la presse. Car après ce qui a été écrit, je n'avais pas d'autre choix que de me protéger. Mais tout est basé sur un malentendu.»

«Le groupe de jeu était plein lorsque les pères ont voulu inscrire leurs deux enfants», explique-t-elle, en affirmant avoir discuté avec l'un d'eux pour émettre la possibilité d'accueillir les bambins une demi-journée par semaine.

L'anglais, un problème

Ce n'est qu'au cours de la conversation que la responsable aurait compris que les jumeaux avaient été élevés par deux pères. Si l'un des pères affirme qu'elle estimait qu'une telle configuration familiale n'était «ni normale ni naturelle», celle-ci s'en défend. «J'ai simplement demandé si les enfants avaient une mère. Le père a dit non et m'a demandé si c'était un problème. J'ai répondu qu'il était plus commun dans mon groupe que les enfants aient une maman et un papa.»

Après cela, le père a mentionné le fait que les enfants ne parlaient qu'anglais. Selon la directrice, c'est cette affirmation qui aurait eu raison de leur inscription. «Nous n'avons rien contre les langues étrangères mais cela nécessite une attention particulière et n'est pas possible dans un groupe déjà complet.» Ne parlant elle-même pas la langue de Shakespeare, la directrice aurait annulé leur inscription pour cette raison.

Aujourd'hui, elle l'assure: elle accepterait certainement des enfants germanophones d'un couple homosexuel au sein de son établissement. «Et si les pères de ces petits garçons s'étaient manifestés au printemps, je les aurais volontiers accueillis.»

(ihr/szu)