Berne

11 avril 2017 22:17; Act: 12.04.2017 15:11 Print

«Ils ne me croient pas quand je dis que c’est moi»

A 86 ans, spray en main, une dame a crié sa colère contre le financement de la guerre. La police l’a embarquée.

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Louise Schneider, 86 ans, pose devant son oeuvre. (Photo: Keystone/Anthony Anex)

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Louise Schneider n’a pas froid aux yeux. Elle sort sa bonbonne de peinture de son sac à dos et trace en lettres rouges sur le mur de la Banque nationale suisse (BNS): «L’argent pour les armes tue.»
Des agents de police cherchent alors rapidement à connaître le responsable du graffiti. La quasi-nonagénaire va donc se dénoncer et échange quelques mots avec eux, avant de se retourner, hilare, et de lancer à la foule: «Ils ne me croient pas quand je leur dis que c’est moi!» Finalement, les forces de l’ordre l’accompagnent vers le fourgon qui l’emmènera au poste.

Le slogan qu’elle a tagué fait référence à l’initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) (en collaboration avec les Jeunes Verts Suisses), qui lançait hier sa récolte de signatures. Louise Schneider s’engage fermement pour ce combat:« Je me suis toujours levée contre la guerre et la pauvreté, mais rien ne changera tant qu’il y aura des armes», explique la militante.

«Notre argent ne doit en aucun cas finir dans les poches des producteurs d’armement, poursuit la vieille dame. J’ai été élevée dans la paix.»

«Je trouve son courage incroyable», se réjouit Lewin Lempert, du GSsA. Pour saluer son action, le groupement envisage de lancer un financement participatif, afin de payer l’amende de Louise Schneider si elle en reçoit une. «Que vaut un peu de couleur par rapport à une vie humaine?» ajoute l’ancien conseiller national et cofondateur du GSsA, Josef Lang.

Pourtant, quelques heures après, le graffiti de la militante avait déjà disparu.

(asc/rmf)