Canton de Thurgovie

13 mars 2019 16:14; Act: 13.03.2019 16:28 Print

«J'ai reçu les ovules d'une autre femme»

Une Thurgovienne poursuit une clinique en Autriche. Elle est persuadée d'avoir reçu les ovules d'une autre femme lors d'une insémination artificielle.

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Gina P. cherche à fonder une famille depuis plusieurs années. Face à ses échecs répétés, elle s'est tournée en 2015 vers une clinique célèbre à Bregenz (Autriche) pour ses inséminations in-vitro.

Comme elle le raconte à 20 Minuten, la Thurgovienne de 44 ans a eu six de ses ovules inséminées. Deux ont été implantées en 2016 mais sans succès. La deuxième tentative a été plus fructueuse et Gina est enfin tombée enceinte. Mais elle perd son enfant suite à une fausse couche.

Ce n'était pas son matériel génétique

Il ne lui reste donc plus que deux ovules mais le docteur lui affirme à sa grande surprise qu'il n'y en a plus. «Je me suis montrée sceptique et j'ai exigé de voir le protocole», a-t-elle expliqué. Elle s'adresse ensuite à un biologiste qui lui dévoile une réalité surprenante. «Il existe plusieurs indices qui montrent que l'insémination n'impliquait ni mes ovules, ni le sperme de mon mari»

Gina P. a porté plainte et le procès s'est ouvert lundi à Feldkirch (Aut). Elle espère surtout récupérer ses ovules. «J'ai terriblement peur qu'une autre femme n'élève bientôt mon enfant», a-t-elle expliqué. Elle réclame 10'000 euros de dédommagement pour la douleur et la souffrance psychologique.

Différence entre le protocole et le système

La clinique nie toute faute. «Leur inquiétude n'est pas fondée», a déclaré l'avocat Michael Konzett, qui met en avant une erreur d'interprétation. «Il y a eu des retards dans l'impression du protocole, de sorte que le patient a supposé que six embryons étaient présents».

L'avocat ajoute que le système électronique de la clinique ne fait état que de quatre ovules. Gina P. s'est vu offrir la possibilité de le constater mais elle a rejeté l'offre. Il exclut toute erreur de pratique et une mauvaise manipulation dans l'insémination. «C'est impossible, aujourd'hui les directives sont extrêmement strictes et tout est revérifié.»

La première audience lundi a tenté de faire la lumière sur les processus biologiques complexes et les procédures de documentation. Le tribunal aura besoin d'autres témoins ainsi que d'un expert en insémination artificielle pour établir la vérité des faits. Le procès a été ajourné.

(psk)