Argovie

13 mars 2018 17:16; Act: 13.03.2018 19:22 Print

«Je suis pédophile», admet le tueur de Rupperswil

Le procès de l'auteur du quadruple meurtre commis en décembre 2015 se poursuit. L'homme a affirmé vouloir suivre un traitement.

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Thomas N. fait recours contre son internement. (Jeudi 13 septembre 2018) Georg Metger (à droite), compagnon de la mère assassinée, publie un livre sur le drame. (Vendredi 13 avril 2018) Thomas N. (à gauche) a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation. Il a été condamné à la perpétuité, assortie d'un internement ordinaire. (Vendredi 16 mars 2018) La procureure Barbara Loppacher s'est déclarée satisfaite du verdict. (Vendredi 16 mars 2018) L'avocate de Thomas N., Renate Senn, veut d'abord lire l'énoncé et les motifs du verdict avant de décider quelles suites à donner. (Vendredi 16 mars 2018) L'avocat Markus Leimbacher (gauche) et Georg Metger, le compagnon de la mère Carla S., ont exprimé leur soulagement au sortir de l'audience. (Vendredi 16 mars 2018) Thomas N. (au centre), avec son avocate Renate Senn. L'accusé âgé de 34 ans, portait une chemise grise et un Jeans avec une barbe de trois jours. Il est entré dans la salle sans menottes. (Mardi 13 mars 2018) Quelque 65 représentants des médias tant suisses qu'internationaux se sont fait accréditer pour le procès et quelques dizaines de particuliers y assistent. (Mardi 13 mars 2018) Un portique de sécurité a été installé et chacun doit montrer ses documents, passer au détecteur de métaux et passer une fouille de ses affaires. Les premiers journalistes sont arrivés plus d'une heure avant le début de l'audience. (Mardi 13 mars 2018) La police cantonale argovienne a mené des contrôles serrés à l'approche du bâtiment où a lieu le procès. (Mardi 13 mars 2018) Pour des raisons de place et surtout de sécurité, le procès se déroulera dans un bâtiment de la police argovienne à Schafisheim (AG). (Mardi 13 mars 2018) Le Ministère public argovien a inculpé Thomas N, le Suisse de 34 ans dans l'affaire du quadruple assassinat de Rupperswil (AG). (Vendredi 8 septembre 2017) Thomas N. était connu dans la région pour entraîner l'équipe locale de foot junior. Etudiant, il vivait toujours chez sa mère et passait pour un solitaire. Une expertise sur la responsabilité pénale de l'auteur présumé du quadruple meurtre de Rupperswil (AG) et sur son risque de récidive va être diligentée par le Ministère public argovien. Cette procédure et les interrogatoires vont durer plusieurs mois. Le procureur Philippe Umbricht informe les médias que selon les premiers éléments de l'enquête, l'auteur présumé du quadruple attentat, qui avait abusé sexuellement d'une des 4 victimes, âgée de 13 ans, n'avait auparavant jamais commis de tels actes pédophiles. (lundi 16 mai 2016) L'auteur présumé du quadruple assassinat de Rupperswil (AG) a été arrêté. Il s'agit d'un Suisse de 33 ans domicilié dans la commune. Il a avoué. (Vendredi 13 mai 2016) Les enquêteurs pensent que l'assassin présumé était sur le point de perpétrer un autre crime selon le même schéma. Ils ont retrouvé chez lui un sac à dos contenant une arme et du matériel de ligotage. (Vendredi 13 mai 2016) La police aurait procédé à plusieurs arrestations, selon la télévision alémanique. Une conférence de presse est attendue dans l'après-midi. (Vendredi 13 mai 2016) La police est en train d'analyser des milliers de données de téléphones portables, afin de tenter d'élucider le quadruple meurtre de Rupperswil (AG). (Vendredi 11 mars 2016) Les funérailles de la mère de 48 ans et de ses deux fils de 13 et 19 ans assassinés le 21 décembre 2015 ont eu lieu le 8 janvier 2016. Le directeur de la justice Urs Hofmann promet dans une interview au que le ou les meurtriers seront arrêtés. (8 janvier 2016) Quatre personnes ont été trouvées mortes lundi 21 décembre 2015 en fin de matinée dans une maison en feu à Rupperswil (AG). La population, sous le choc, a déposé des bougies et des messages en mémoire des victimes. (24 décembre 2015). La police a déployé de gros moyens pour trouver des éléments dans ce qui s'avère être un quadruple homicide déguisé en incendie. Elle diffuse son appel à témoins en allant directement voir la population. (24 décembre 2015). L'affichette de l'appel à témoins. (24 décembre 2015). En l'état, l'enquête a pu déterminer que l'incendie a été provoqué de manière intentionnelle, en vue de masquer le quadruple homicide. Une procédure pour multiple meurtre a été ouverte. L'alerte a été donnée en fin de matinée, le lundi 21 décembre: une maison familiale située dans un quartier résidentiel de Rupperswil, localité située entre Aarau et Lenzbourg, était la proie des flammes. L'incendie a été maîtrisé rapidement. Des spécialistes de la police, des médecins légistes et des représentants du procureur se sont aussi rendus sur les lieux. Afin d'établir les circonstances exactes de ce crime, le Ministère public a ordonné l'autopsie des quatre corps.

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Le procès du quadruple meurtrier de Rupperswil (AG) s'est ouvert mardi. Selon les experts, le prévenu est responsable de ses actes et peut être soigné, ce qui exclut un internement à vie. Il a évoqué sa pédophilie, ses mensonges et sa situation d'étudiant en échec.

Agé de 34 ans, l'homme a répondu d'une voix claire et la mine figée aux questions du président du tribunal de district de Lenzburg, qui siège à Schafisheim (AG) pour l'occasion. Il admet les faits. Vêtu d'une chemise grise et d'un jean, il porte une barbe de trois jours.

Le 21 décembre 2015 à Rupperswil, le prévenu a égorgé une mère de famille de 48 ans, ses deux fils de 19 et 13 ans ainsi que la petite amie (21 ans) de l'aîné après avoir réussi, sous un prétexte, à pénétrer dans leur maison. Avant de tuer le cadet, il en a abusé sexuellement. L'homme a ensuite bouté le feu à la maison. Selon l'acte d'accusation, le prévenu préparait un coup similaire lorsqu'il a été arrêté.

Un crime horrible pour tout cacher

L'assassinat sordide que l'accusé a commis froidement devait servir à cacher sa vie intérieure réelle et ses échecs sur le plan de son statut social. Pédophile, il venait de réaliser un fantasme tout en éliminant des témoins. Sans le sou, il pouvait, en extorquant 11'000 francs à ses victimes, continuer à faire croire à son entourage le mensonge d'une vie équilibrée et réussie.

«Malade, inhumain», tels sont les mots utilisés par le prévenu pour qualifier ses actes. A l'en croire, s'introduire chez des gens et les forcer à retirer de l'argent sous la menace était une idée qui remontait au printemps 2015. L'abus sexuel serait venu s'y greffer lorsqu'il a vu l'adolescent de 13 ans, quelque temps avant le crime.

Les déclarations de l'accusé peinent parfois à convaincre l'audience. Il confie avoir ressenti de manière «très pesante» les mois qui ont séparé son crime du moment de son arrestation, en mai 2016. Pourtant, ses recherches sur Internet, son espionnage de deux familles bernoise et soleuroise et les objets trouvés dans son sac à dos laissent entendre qu'il s'apprêtait à repasser à l'acte. «Il ne s'agissait que d'un mécanisme dans ma tête, pas d'une réalité», répond-il.

Pédophilie: peur et honte

Interrogé sur sa sexualité, il réplique après une hésitation: «Je suis pédophile». Si les experts estiment que ce penchant n'est pas guérissable, il dit tout de même espérer qu'une guérison soit possible. En parler avec un psychologue lui a fait du bien.

Le trentenaire reconnaît en outre avoir été conscient que le fait de ressentir du désir pour des enfants était «mal». S'il a pensé à demander de l'aide, il a toutefois renoncé par peur et par honte. Entraîneur d'une équipe de footballeurs juniors, il affirme n'avoir jamais eu de pensées pédophiles dans cette fonction. C'est le football qui l'intéressait, pas les jeunes, déclare-t-il.

L'accusé n'est pas réfractaire à un traitement, constatent les deux experts psychiatriques interrogés par la Cour. Selon eux, une thérapie n'est pas sans espoir et des résultats favorables sont possibles dans 5 à 10 ans au plus tôt.

Les conditions légales pour un internement à vie ne sont donc pas remplies. Pour qu'une telle peine puisse être prononcée, il faut que deux rapports d'experts concluent que le prévenu n'est durablement pas soignable. Les deux psychiatres ont réalisé leurs rapports sans se consulter.

Minutieux, narcissique, dans une bulle

Tous deux observent un risque important de récidive. Autre convergence, le prévenu restera pédophile toute sa vie. Une thérapie ne peut que lui permettre de gérer ce penchant sans passer à l'acte.

Du point de vue psychiatrique, les experts ne voient aucune diminution de la responsabilité du prévenu. Lorsqu'il a commis les crimes qui lui sont reprochés, il était parfaitement conscient de ses actes. Il a mis en oeuvre et respecté le plan qu'il avait préparé. Il a agi de manière réfléchie, même lorsqu'un imprévu s'est produit, par exemple quand une voisine est venue sonner à la porte.

Le prévenu souffre en outre d'un trouble narcissique de la personnalité. Il est incapable de faire preuve d'empathie et vit comme dans une bulle. Il se présentait comme quelqu'un qui a réussi alors qu'il a systématiquement échoué dans ses études. Par ailleurs, les autres personnes ne l'intéressent pas. Enfin, l'accusé a des tendances sexuelles sadiques et s'est enfermé dans un monde de fantasmes.

Faire des études en prison

Face aux juges, le trentenaire a déclaré qu'il souhaiterait, un jour, pouvoir réintégrer la société. Il veut entreprendre des études d'économie en prison afin d'être en mesure, plus tard, de soutenir financièrement sa mère, sa «seule personne de référence».

Le procès se poursuit mercredi. Pour des raisons de place et de sécurité, il se tient dans un bâtiment de la police argovienne. Quelque 65 représentants des médias et quelques dizaines de particuliers y assistent. D'importantes mesures de sécurité ont été prises. Le jugement est attendu vendredi.

(nxp/ats)