Débat sur le nucléaire

26 mars 2011 09:59; Act: 26.03.2011 12:48 Print

«L'énergie coûtera de toute façon plus cher»

Comme solution de rechange, Doris Leuthard mise en premier lieu sur l'efficacité énergétique.

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«Ce qui prime pour moi, ce n'est pas le coût, mais la sécurité», souligne la conseillère fédérale. (Photo: Keystone)

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L'énergie coûtera plus cher, que l'on maintienne une option nucléaire ou que l'on investisse dans les énergies renouvelables ou les économies d'énergie, avertit Doris Leuthard.

Après la catastrophe du Japon, construire une nouvelle centrale nucléaire coûterait plus cher. «Davantage de sécurité signifie bien entendu davantage de coûts», relève Mme Leuthard dans un entretien publié samedi par «Le Temps». «Ce qui prime pour moi, ce n'est pas le coût, mais la sécurité», souligne la conseillère fédérale.

La catastrophe de Fukushima n'a pas «ruiné» la confiance de la ministre de l'énergie dans le nucléaire - un mot «trop fort», selon elle -, mais elle reconnaît qu'on se pose aujourd'hui des questions qu'on ne se posait pas avant. «Nous devons leur apporter des réponses précises, qui reposent sur des faits et non sur des émotions».

La question des tremblements de terre, notamment le degré de sécurité fixé à 7 sur l'échelle de Richter, doit être réexaminée. De même que la sécurité des bassins où des matériaux sont entreposés temporairement durant les révisions, l'approvisionnement électrique de secours ou les installations de refroidissement.

Votation difficile

Doris Leuthard admet qu'à l'heure actuelle, il serait «assurément difficile» de faire accepter une nouvelle centrale nucléaire par la population. La situation est très émotionnelle, relève la démocrate- chrétienne. «Mais nous ne pouvons pas simplement dire que nous voulons abandonner le nucléaire. Nous devons en analyser les conséquences pour l'approvisionnement du pays».

Comme solution de rechange, la ministre privilégie l'efficacité énergétique. La recherche met au point des systèmes intelligents qui aboutissent à des gains énergétiques importants, relève-t-elle. L'Argovienne pense que ces mesures pourraient remplacer une centrale nucléaire.

Limiter le droit de recours

L'hydraulique recèle également un grand potentiel, selon la ministre. Et là où un développement des installations est possible, le droit de recours des associations environnementales devrait être limité, a-t-elle déclaré dans le «Tages-Anzeiger» et «Der Bund». Ou alors, dans l'évaluation des recours, la question de la production énergétique devrait être davantage pondérée.

Mme Leuthard n'est pas une inconditionnelle des centrales à gaz, mais il paraît probable que nous devions nous tourner vers cette solution à titre transitoire, estime-t-elle. Suite à la décision du Parlement de réduire les émissions de CO2 par des mesures prises exclusivement en Suisse, cette variante n'est toutefois pas évidente. «C'est difficile, mais pas impossible», dit Mme Leuthard.

(ats)