Karin Keller-Sutter

19 février 2019 16:10; Act: 19.02.2019 21:57 Print

«Les djihadistes devraient être jugés sur place»

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter serait plutôt favorable à un jugement des djihadistes suisses partis dans les pays en guerre là où ils ont été actifs.

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Karin Keller-Sutter a réagi sur le rapatriement des djihadistes suisses partis combattre.

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La ministre de la justice Karin Keller-Sutter s'est exprimée sur les ondes de la rts concernant le sort des djihadistes suisses partis combattre. Pour Karin Keller-Sutter priorité absolue reste la sécurité de la population.

Réagissant à la question du rapatriement des djihadistes lors d'une interview mardi sur les ondes de la RTS, Karin Keller-Sutter a déclaré qu'elle «préférerait qu'ils soient jugés sur place». Elle a également souligné les dangers de tels rapatriements pour les Suisses.

«Ces personnes sont dans une zone de guerre menacée par le terrorisme et l'Etat islamique», a-t-elle tenu à rappeler.

Jugement difficile

«Pour moi, la priorité reste la sécurité de la population et des forces de l'ordre suisses.

Est-ce qu'on peut mettre en danger des Suisses pour rapatrier des gens qui sont partis de leur propre gré pour faire la guerre en Syrie et en Irak?», se demande la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP).

Mme Keller-Sutter s'interroge toutefois sur les difficultés de juger ces djihadistes: «Est-ce que c'est possible de les juger sur place? Récolter les preuves, avoir une procédure normale sur place, c'est déjà difficile. Alors imaginez les tribunaux suisses qui, tout à coup, doivent juger un comportement qui s'est produit en Syrie», estime la conseillère fédérale.

Une douzaine de retours

Brûlant, le sujet est plus que jamais sur le tapis depuis que le président américain Donald Trump a appelé les pays européens, au premier rang desquels le Royaume-Uni, ainsi que la France et l'Allemagne, à «reprendre plus de 800 combattants de l'EI» capturés en Syrie «afin de les traduire en justice». L'Union européenne (UE) a annoncé lundi qu'il n'y avait pas d'unité des pays membres sur cette question et que Bruxelles même ne prenait pas position.

«Il n'y aura pas de décision au niveau de l'Union européenne. Elle relève de la compétence de chaque gouvernement», a expliqué la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères. «Mais nous pouvons avoir une réflexion commune pour apporter une réponse coordonnée», a-t-elle souligné.

En Suisse, 93 cas de djihadistes partis dans des zones de conflit ont été recensés, selon le Service de renseignement de la Confédération (SRC), dont 79 sont partis vers la Syrie et l'Irak. Au total, 33 personnes sont décédées, dont 27 décès confirmés. Seize djihadistes, dont treize confirmés, seraient rentrés en Suisse.

(nxp/ats)