Pédophile bernois

03 février 2011 13:27; Act: 03.02.2011 14:53 Print

«Les enfants l’appréciaient beaucoup»

par Joel Bedetti/rga - Le dernier chef de Hansjürg S. à la fondation Nathalie raconte pourquoi il a licencié le pédophile bernois après six mois de collaboration.

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Toni Matti, cadre moyen à la fondation Nathalie, est visiblement ému. En 2008, il a été pendant six mois le chef du travailleur social bernois. Il a parlé à «20 minutes» de son subordonné de l’époque.

Comment vous sentez-vous, M. Matti, après tous ces événements?
Toni Matti: Je suis misérable, comme tous les collaborateurs de la fondation. Nous nous demandons tous comment nous avons pareillement pu nous tromper sur la véritable identité de H.S. Quels signes n’avons-nous pas perçu?

Jusqu’en 2008, il travaillait à la fondation Nathalie. De quoi vous souvenez-vous?
Difficile, aujourd’hui, de me souvenir de manière objective. Si vous m’aviez interrogé il y a une semaine, mes réponses auraient certainement été différentes bien qu’H.S. était très loin d’être un collaborateur modèle.

Est-ce que vous le connaissiez bien?
Non. C’était un homme tranquille, discret. Je n’ai jamais parlé de choses personnelles avec lui. Mais je dois dire qu’il était plein de bons sentiments et engagé dans son travail. C’est terrible de constater aujourd’hui qu’il donnait cette impression, avec perfidie, pour pouvoir mieux s’approcher de ses victimes. Pendant la courte période où j’étais son supérieur, il ne travaillait que de jour.

Vous relevez qu’il ne s’agissait pas d’un collaborateur parfait.
Ce n’était pas quelqu’un qui travaillait de manière systématique et structurée. Or les autistes ont précisément besoin de ces qualités chez les personnes qui les entourent. C’est une des raisons pour lesquelles je l’ai licencié en 2008. Nous étions en pleine restructuration et parce que H.S. n’était engagé qu’à temps partiel.

Y avait-il d’autres raisons?
Oui, c’était aussi sa manière de se comporter. Il avait tendance à inventer des intrigues lorsque je lui faisais des reproches d’ordre professionnel. Il ignorait certaines décisions prises d’un commun accord et il lui arrivait de dévoiler le contenu de conversations confidentielles entre nous.

On raconte qu’H.S. était peu soigneux de sa personne. Pouvait-il se le permettre au travail?
C’est vrai qu’il n’était pas toujours très soigné. Mais il est faux de prétendre qu’il était carrément «crade», comme on peut le lire ces derniers jours dans les médias.

Vous connaissez son CV. H.S. a-t-il achevé une formation officielle?
Oui. Il a achevé une formation normale et il a aussi fait des cours de perfectionnement comme thérapeute. Hélas, nous devons tous nous poser la question de savoir comment il a pu «passer entre les gouttes» dans toutes ces écoles et institutions.

Qu’est-ce qui va changer après tous ces drames ?
Des experts externes analysent déjà ce qui a dysfonctionné et comment nous pouvons venir en aide aux victimes d’H.S.

Les enfants appréciaient-ils H.S.?
Cela me déchire le cœur, mais il faut bien que je l’admette: non seulement ils l’appréciaient, mais certains l’aimaient, carrément. Comme je le disais. Il était apparemment plein de bonne volonté et très appliqué, un « faiseur » tranquille. Aujourd’hui, nous savons qu’il ne s’agissait que d’une ruse, d’une feinte pour s’approcher de ses innocentes victimes.