Journée de la bonne action

25 mai 2019 07:54; Act: 25.05.2019 07:54 Print

«Les réfugiés sont des gens comme les autres»

Depuis plusieurs années, une ancienne employée bancaire zurichoise, Alexandra Müller, s'engage en faveur des réfugiés.

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Enseignante, Alexandra Müller consacre un cinquième de son temps au bénévolat. «Je ne conçois pas arrêter un jour», dit-elle. Il n'en a toutefois pas toujours été ainsi. Après des études de langues, cette mère de famille de deux enfants a occupé un poste chez UBS. «Paradoxalement, c'est précisément à ce moment-là qu'a démarré mon engagement et que j'ai pris conscience de ce que je ne voulais pas faire, à savoir travailler dans la finance pour une société orientée profit», déclare la jeune femme à la fibre sociale affirmée.

Depuis son engagement auprès de Solinetz, à Zurich, il y a une dizaine d'années, Alexandra Müller en a assuré la direction pendant cinq ans. L'association d'utilité publique s'engage en faveur de l'amélioration des conditions de vie des réfugiés en Suisse. Alexandra est à l’initiative des repas de midi pour réfugiés et a lancé, il y a quatre ans, le projet «Visites dans les écoles». Depuis plus d’un an, l’association propose également des cours d’allemand aux requérants d’asile et aux sans-papiers.

Regarder ce que personne ne veut voir

Il y a près de neuf ans, Alexandra a pris la décision de mettre un terme à sa carrière dans le milieu bancaire pour occuper un poste de stagiaire chez Amnesty International. Elle a été particulièrement impliquée dans la campagne d'aide d'urgence du mouvement dont l'objectif était d'améliorer les conditions de vie locales des demandeurs d'asile déboutés. «C'était la première fois que je visitais des hébergements provisoires et des foyers de réfugiés. J'ai été obligée de regarder en face ce que personne ne voulait voir», dit-elle.

La jeune femme dit avoir été choquée par les conditions dans les centres et extrêmement touchée par le récit de ces personnes. A partir de là, il lui serait devenu impossible d'ignorer le problème. «J'ai commencé à m'intéresser à la situation globale et à me poser la question de savoir pourquoi au juste, il y avait des réfugiés et dans quelle mesure leur destin était lié à nos vies ici», dit-elle. Si la campagne d'aide d'urgence a pris fin, l'engagement d'Alexandra auprès de Solinetz n'a fait que se renforcer.

«On devrait davantage donner la parole aux réfugiés»

Toujours et encore, la bénévole est en proie à des commentaires du genre «Tu veux sauver le monde ou quoi?», ce qui n'est ni son ambition, ni à sa portée. «Je me satisfais largement de faire bouger les choses dans mon environnement immédiat et à faire en sorte que les réfugiés ne soient pas exclusivement perçus en tant que tels, mais avant tout considérés comme des humains», déclare t-elle. Dans le cadre des visites dans les écoles, les représentants de Solinetz se rendent au cœur des salles de classe, accompagnés de réfugiés. L’objectif est d’abolir les préjugés par la rencontre et l’échange.

La jeune femme compare volontiers les réfugiés à de nouveaux voisins dont on ne peut que se faire une idée, faute de leur avoir parlé pour les découvrir de plus près. Selon elle, seul le contact direct est capable d’abolir la méfiance. Alexandra Müller souhaite que les réfugiés ne soient ni discriminés, ni plaints, mais qu’on leur donne davantage la parole. «On doit arrêter de parler d’eux et leur adresser la parole directement», souligne t-elle.

Un engagement qui se poursuit

Si Alexandra Müller a rendu son tablier de dirigeante de Solinetz depuis longtemps, son engagement pour l'association demeure néanmoins intact. Les cours d'allemand dont elle est responsable lui permettent notamment de constater qu'il reste encore beaucoup à faire. «Pour beaucoup de réfugiés, il s'agit de bien plus qu'un simple cours de langue. Faute de pouvoir travailler, cela donne un sens à leur vie. C'est un lieu de communauté. Il faut dire qu'ils n'ont pas grand-chose ici et qu'ils se retrouvent exclus partout ailleurs», dit-elle.

Cet article a été rédigé dans le cadre de la «Journée de la bonne action». Pour plus d'informations, cliquez ici.

(jk/age)