Assemblée de l'UDC

10 décembre 2011 12:37; Act: 10.12.2011 14:54 Print

«Nous nous battrons pour deux sièges»

Les délégués de l'UDC, réunis dans le canton de Vaud, se sont déclarés prêts à se battre pour deux places au Conseil fédéral.

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L'UDC s'est réunie samedi à Chamblon (VD). (Photo: Keystone)

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L'UDC se battra mercredi pour un deuxième siège au Conseil fédéral au nom de la concordance. Réunis samedi à la caserne de Chamblon (VD), les délégués du parti ont adopté un manifeste appelant les autres formations à «rétablir un système qui a fait ses preuves».

«Il est plus important que jamais que les quatre principaux partis soient représentés au gouvernement alors que des turbulences économiques se profilent à l'horizon», affirme le texte. Les quelque 520 personnes présentes l'ont adopté à l'unanimité.

Le principe de concordance -appliqué entre 1959 et 1999, puis entre 2003 et 2007- implique deux sièges au Conseil fédéral pour les trois plus grands partis et un pour le quatrième. «Les autres partis étaient d'accord avec ce principe tant que l'UDC était le quatrième parti», a ironisé à la tribune Christoph Blocher.

Candidats acceptables

L'UDC a présenté le candidat jugé le plus acceptable par les autres partis, Bruno Zuppiger, a relevé Christoph Blocher. Les révélations sur son passé ont obligé le parti à le remplacer. «Une telle chose ne devrait pas arriver», a souligné l'ancien conseiller fédéral, admettant «un accident qui pourrait arriver dans tous les partis».

«Si nous avions su la vérité avant, nous n'aurions pas présenté ce candidat». Remplaçant de M. Zuppiger sur le ticket UDC aux côtés de Jean-François Rime, le président du Conseil national Hansjörg Walter est le deuxième candidat le plus acceptable pour les autres partis, a poursuivi M. Blocher. Il a failli être élu à la place d'Ueli Maurer alors qu'il n'était pas candidat.

Si M. Walter n'est pas élu mercredi, «ce sera la preuve que les autres partis ne veulent pas donner un second siège au premier parti de Suisse», a conclu Christoph Blocher. L'UDC devra alors «discuter sérieusement de son rôle au Conseil fédéral lors de la prochaine assemblée des délégués le 28 janvier», a averti le président Toni Brunner.

A la radio alémanique samedi, ce dernier n'a pas non plus exclu une attaque du siège socialiste vacant si la candidature UDC échoue face à la conseillère fédérale du PBD Eveline Widmer-Schlumpf. Mais le groupe parlementaire n'a encore rien décidé, a-t-il ajouté.

Prêt à l'opposition

L'UDC ne peut assumer sa pleine responsabilité gouvernementale que si elle est impliquée avec deux conseillers fédéraux. Le parti préfère participer au gouvernement, mais il est aussi prêt à s'installer dans l'opposition, ont souligné les orateurs à Chamblon.

Pour le conseiller fédéral Ueli Maurer, la concordance garantit la stabilité du gouvernement car elle permet d'y représenter 75% des citoyens. Cette stabilité est d'autant plus importante que la Suisse devra défendre son indépendance face aux pressions croissantes de l'Union européenne durant cette législature.

Une UDC plus forte au gouvernement pourrait influencer davantage certains dossiers, a souligné Toni Brunner. Le Saint-Gallois a cité la hausse des demandes d'asile cette année ou le projet de fiscalité environnementale. Le contrôle de la constitutionnalité des initiatives avant la récolte des signatures serait en outre une «limitation massive des droits populaires».

Aucune critique

De manière générale, aucune voix critique ne s'est faite entendre dans la salle à propos de l'affaire Zuppiger. Au contraire, plusieurs délégués ont pris la parole pour féliciter la direction du parti de sa gestion de la crise.

(ats)