Rehetobel (AR)

04 janvier 2017 10:34; Act: 04.01.2017 16:22 Print

«Nous pensions qu'il s'était soigné»

L'homme qui a ouvert le feu sur deux policiers, mardi à Rehetobel (AR), avait visiblement la gâchette facile.

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L'homme de 33 ans a ouvert le feu sur la police mardi vers 09h00, alors que deux agents l'accompagnaient dans un hangar pour procéder à une perquisition, a précisé le commandant de la police appenzelloise Reto Cavelti lors d'une conférence de presse en soirée. L'enquête se poursuit après la fusillade et le suicide du tireur mardi à Rehetobel (AR). La fusillade a éclaté mardi vers 09h00. Deux policiers ont été blessés par balles. Le plus jeune, âgé de 27 ans, a été touché au coeur. Il est toujours dans un état critique. L'autre, âgé de 37 ans, est gravement blessé aux jambes, mais il est hors de danger. Après la fusillade, le tireur a pris la fuite à pied. Grâce à une importante opération impliquant plusieurs polices cantonales, il a été localisé et encerclé une heure plus tard à son domicile à Rehetobel. Des spécialistes ont négocié avec lui pendant plusieurs heures pour éviter un bain de sang. Le tireur a menacé de faire sauter des grenades. Vers 17h00, la police a envoyé un chien-policier vers l'homme retranché qui a alors mis fin à ses jours avec un pistolet. Les policiers n'ont pas trouvé trace d'explosif dans le sac du tireur. Deux policiers ont été blessés mardi 03.01.2017 dans ce village, lors d'une perquisition dans un domicile privé. L'un des policiers est dans un état critique. Cerné par les forces de l'ordre, l'auteur des tirs qui avait pris la fuite a fini par se donner la mort. C'est en raison d'une plantation de cannabis que la police s'était rendue à son domicile, a indiqué le commandant der la police cantonale lors d'une conférence de presse en soirée. Rehetobel est une commune de 1700 habitants du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.

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Le petit village de Rehetobel (AR) s'est sans doute réveillé avec l'esprit embué, mercredi. Il faudra un peu de temps aux habitants de cette commune de 1700 habitants pour se remettre de la fusillade et de la chasse à l'homme qui les a tenus en haleine toute la journée de mardi.

La lecture de «Blick» ne contribuera toutefois pas à calmer les esprits. Mardi soir, la police avait annoncé que le forcené était connu de ses services pour des faits de violence, sans donner plus de détails. Le quotidien alémanique les a obtenus.

Elle n'aurait pas dû le quitter

En 2002, alors âgé d'environ 19 ans, le tireur a fait la connaissance d'une ado de 14 ans, avec laquelle il a entretenu une relation amoureuse. Mais quand cette dernière a voulu y mettre fin, il a pété les plombs. D'abord, il a ouvertement menacé la famille de son ex et de son nouveau copain. Puis, la nuit du lundi de Pâques 2003, il a tiré au fusil de chasse sur les frères du couple et un cycliste, qui passait par là par hasard, a aussi été touché.

Bilan: trois blessés et une condamnation prononcée en 2004. Jusqu'en 2009, le forcené a purgé sa peine dans un centre pour jeunes adultes bâlois. Il a ensuite été en période de probation jusqu'en 2012. Depuis, il était totalement libre.

Choc dans le village

Interrogés par «20 Minuten», les habitants du village ont dit leur étonnement. Une connaissance a déploré qu'on se souvienne de lui comme d'une mauvaise personne. «C'était quelqu'un de super», raconte cet homme qui a souhaité rester anonyme. Dans son immeuble, on savait tout de son passé. «Nous pensions qu'il s'était soigné et qu'il avait mûri», a poursuivi un voisin. Compte tenu du passif du forcené, la visite de la police n'était toutefois «pas si étonnante», a-t-il conclu. Mais personne n'aurait prévu cette fin tragique.

Sur les ondes de Radio Energy, l’ex-directeur de la prison qui l’a accueilli, a cependant parlé d’une «bombe à retardement» et d’un «maître de la manipulation». «Il coopère, gagne la confiance de ses interlocuteurs, puis frappe», a déclaré Renato Rossi, qui a aussi précisé que Roger était un «amoureux des armes, qui fantasmait sur les massacres et les fusillades» et que les autorités étaient prévenues des risques de récidive.

Policier entre la vie et la mort

Touché au coeur, un des deux agents de police blessés lors de la fusillade se trouve toujours entre la vie et la mort. «Nous espérons qu'il gagnera ce combat. Mes pensées sont avec lui et sa famille», déclare la cheffe de la police criminelle d'Appenzell Rhodes-Extérieures, Graziosa Gairing, à «Blick». Le second policier, touché aux jambes, est hors de danger.

De nombreux policiers de Suisse ont par ailleurs affiché leur solidarité sur Facebook. Ils sont remplacé leur photo par une croix suisse sur fond noir, barrée de bleu (voir ci-contre). Ce symbole, la «Thin Blue Line» vient de Grande-Bretagne. Entourée de deux bandes noires, elle représente la police, qui se trouve entre le peuple, en haut, et les criminels, en bas.

(dmz)