Zurich

19 juin 2019 22:45; Act: 19.06.2019 22:45 Print

«Si j'étais mal baisé, j'aurais aussi fait grève»

Le copropriétaire d'un stand de grillades de la Züri-Fäscht a tenu des propos misogynes sur Facebook. La Jeunesse socialiste veut que l'autorisation accordée à ce stand pour la manifestation soit retirée.

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«Si j'étais moche, mal baisé et dépressif, j'aurais aussi participé à la grève (ndlr: grève des femmes).» Ce message, publié il y a quelques jours sur Facebook, et entre-temps effacé, fait actuellement beaucoup parler de lui à Zurich. Il a été rédigé par le copropriétaire de Grillmaniak, un stand de grillades présent lors des différentes manifestations dans la région.

Sans grande surprise, les réactions n'ont pas tardé à fuser: «La ville de Zurich accorde un des meilleurs emplacements de la Züri-Fäscht à ce type et son stand de grillades. Je trouve qu'on devrait le boycotter», écrit ainsi sur Facebook Rosanna Grüter, une animatrice de la radio alémanique SRF. Sa publication a été approuvée par de nombreux internautes.

L'affaire a pris une telle ampleur que l'auteur des propos sexistes s'est excusé lundi: «Je n'ai jamais voulu blesser ou insulter personne. Je m'excuse et reconnais que c'était une énorme bêtise.»

«Je suis un idiot»

Reste que, pour la Jeunesse socialiste de la ville de Zurich, ces excuses sont insuffisantes. Dans un communiqué diffusé mardi matin, le parti demande aux autorités de retirer à Grillmaniak l'autorisation de participer au festival Züri-Fäscht. «Une personne qui publie de tels propos misogynes sur Facebook n'a rien à faire à la Züri-Fäscht», estime ainsi le coprésident Nathan Donno. Son parti envisagerait aussi de porter plainte contre l'auteur du message.

Contacté, le copropriétaire de Grillmaniak n'en revient pas des proportions que toute cette affaire a prises: «Je suis un idiot. Cette publication était une grosse erreur. Je ne suis pas sexiste, mais juste quelqu'un qui aime faire des blagues stupides. Je me suis excusé publiquement. Mais malgré tout, on me cloue au pilori.» Il dit avoir dû renommer son compte Facebook et être victime de cybermobbing.

«On menace de me faire du mal»

Il explique également avoir dû éteindre son téléphone portable pour ne pas être dérangé par les nombreux appels et messages: «On menace de me faire du mal.» Ce qu'il regrette par-dessus tout, c'est de voir son stand de grillades mêlé à tout ça. «Nous bossons dur pour la Züri-Fäscht. Beaucoup de personnes sont impliquées dans ce business. Je ne suis qu'une partie de tout ça.» Il espère que ses amis et partenaires ne devront pas payer pour sa stupidité. «Je veux discuter avec la Jeunesse socialiste.»

Contacté, le comité d'organisation de la Züri-Fäscht a connaissance du message publié sur Facebook. Il précise que de tels propos sont intolérables. «L'auteur du texte n'est pas celui à qui l'autorisation de participer au festival a été accordée. Du coup, on ne sait pas clairement si cette autorisation peut malgré tout être retirée», explique le président Albert Leiser. Il dit avoir pris contact avec les responsables et attend d'eux une prise de position.

(tam/wed/ofu)