Troupe d'intervention de la Confédération

19 mars 2009 22:38; Act: 19.03.2009 22:43 Print

«Tigris»: Pas de cachotteries, selon fedpol

«Tigris»: tel est le nom de l'unité d'intervention rapide de la police judiciaire fédérale.

Une faute?

Cette troupe a été créée et entraînée à l'insu du large public. L'Office fédéral de la police (fedpol) a confirmé l'existence de cette troupe, révélée jeudi par la «Weltwoche».

Composée actuellement de 14 membres, Tigris a été créée dans le cadre du projet d'efficacité destiné aux autorités de poursuite judiciaire de la Confédération. Ses coûts sont comptabilisés dans le budget de la police fédérale, a précisé fepol. La troupe se trouve sous le contrôle, comme l'entier de fedpol, des commissions de gestion des Chambres fédérales.

Pas une police de sécurité

Avec cette troupe d'intervention, les autorités fédérales se trouvent en terrain délicat, écrit la «Weltwoche». En 1978, le peuple et les cantons ont refusé la création d'une police fédérale de sécurité, comme le proposait le conseiller fédéral PDC Kurt Furgler. En 2002, sa collègue de parti Ruth Metzler a échoué au parlement déjà avec un projet similaire.

Fedpol réfute donc l'argument selon lequel Tigris comporte des éléments de police de sécurité: la troupe est engagée lors de menace accrue.

Cantons informés

Sa création est largement passée inaperçue en raison des changements incessants du cahier des tâches et de la situation sécuritaire. De plus, la police judiciaire fédérale révèle l'existence d'une troupe d'intervention sur son site internet. Et les directeurs cantonaux de justice et police étaient informés sur Tigris, selon fedpol.

Des dires contestés par le secrétaire général de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police Roger Schneeberger à l'émission «10 vor 10» de la télévision alémanique SF. Selon lui, les polices cantonales ont été mises au courant, mais pas les directeurs cantonaux de justice et police.

Sous les ordres MPC

Son intervention est ordonnée par le Ministère public de la Confédération ou l'Office fédéral de la justice. Lorsque son engagement est demandé par un canton, les lois cantonales s'appliquent. Dans ces cas, l'intervention se déroule toujours avec l'accord des autorités cantonales.

Les membres de Tigris s'entraînent dans une installation de tir virtuel high-tech, confirme fedpol. D'autres corps de police disposent également de telles installations, précise l'office. Son acquisition a été décidée pour éviter les coûts d'entraînement externes.

Il n'est pas prévu d'augmenter les effectifs de la troupe d'intervention, à moins que de nouvelles tâches ne lui incombent, poursuit fedpol.

Troupes propres aux cantons

Les cantons disposent de leurs propres unités d'intervention spéciales, comme «Gentiane» à Berne ou «Diamant» à Zurich. Ceci ne rend pas superflue celle de la Confédération, précise fedpol. Il s'est avéré que les forces cantonales ne suffisent pas dans toutes les enquêtes de police judiciaire fédérale.

Dirigée par Kurt Blöchlinger, cette dernière intervient lors de délits dont la compétence incombe à la Confédération: notamment la grande criminalité transfrontalière, le terrorisme (y compris son financement), les délits à l'explosif, l'espionnage, les infractions contre les lois sur le matériel de guerre, sur le matériel nucléaire, sur le contrôle des biens et sur l'aviation.

(ats)